Entretien hivernal avec Ludovic Boulard Le Fur



Né en 1981, diplômé des Beaux-Arts de Paris, Ludovic Boulard Le Fur invente les fétiches d’un mythe qui n’a pas de nom. Ses dessins et installations laissent entrevoir une œuvre-monde en perpétuel mouvement.
Remettant sans cesse en question les moyens employés pour la faire exister (peintures, dessins sur papier, bois gravés, frottages, bas-reliefs, sculptures et constructions…), il se fait archéologue d’un passé mystérieux dont les racines pourraient se trouver dans sa fascination pour les vestiges dévastés d’anciennes civilisations, dans les comics américain 70’s de Jack Kirby ou dans les traditions ancestrales des campagnes françaises.

Tas de gravas, titans abandonnés, épouvantails, fragments de statues, guerriers-randonneurs, baladins, gredins…

Ces figures habitées naissent et meurent dans les paysages ardents que dessine continuellement l’artiste. À ses yeux, l’état de ruine n’est pas synonyme de fin mais de renouveau.

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Depuis l’entretien publié dans Collection Revue #1, nous prenons régulièrement des nouvelles de Ludovic Boulard Le Fur. En février dernier, nous lui avions rendu visite dans son nouvel atelier.
Compte-rendu et entretien par mail.
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Février 2015.

Les sapins géants couverts de neige composent les forêts sombres et pourtant éblouissantes. Les routes en lacets, déblayées plusieurs fois par jour par le tracteur communal, serpentent à n’en plus finir à travers les montagnes.
Bioleaz, hameau paisible de quelques dizaines d’habitants se trouve à 20 minutes en voiture d’Hauteville -patrie du peintre Jean Xavier Renaud- et à peu près à la même distance du centre d’Art Contemporain de Lacoux. Nous sommes dans le Bugey, entre Lyon et Genève.
Dans la petite maison sur deux étages, l’atelier de travail que Ludovic Boulard Le Fur partage avec Claire Chauvel, orienté Sud, a remplacé le salon. Les fenêtres et le poêle à bois éclairent la pièce de deux lumières distinctes –la première, blanche et froide, provient du reflet neigeux, l’autre, orangée et réconfortante est produite par un feu crépitant.
Le sol est jonché de cartons protégeant le carrelage beige, les toiles grand format sèchent sur les murs, les tables sont recouvertes de pots de peintures, de vieux journaux. Plus loin, une pièce sert à stocker les peintures terminées.

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J’ai l’impression que la dernière fois qu’on avait parlé de ton travail, tu étais dans une période printanière et automnale. Tu vivais entouré de plages, de chardons et de marais et cela avait influencé ton dessin, tes motifs, tes couleurs. Tu peignais des centaines de petites cartes. Jaune moutarde mordoré, brun marronnasse châtaigne, pourpre, grenat, sang-de-bœuf, lie-de-vin, violine… Tous ces tons assez sombres habitaient tes dessins de plantes qui étaient séchées mais vivantes, cramoisies mais ardentes, entre la vie et la mort.
Là, c’est complètement hivernal. Tu le disais la dernière fois, l’endroit où tu te trouves influence forcement les formes que tu développes. Tu utilises beaucoup l’aquarelle en ce moment, c’est vraiment dû à ces paysages neigeux?

C’est marrant cette histoire, parce ce que la dernière fois je répondais que mon environnement m’influençait. C’était vrai mais de façon plus abstraite, ou davantage sur une histoire de rythme que d’endroit. Par exemple les transports me donnaient une contrainte de temps, de mouvement, de format. L’aquarelle est d’abord venue par manque de moyens. Je n’avais pas beaucoup de matériel disponible. Et puis surtout c’est rapidement devenu la technique nomade la plus simple. Cela m’a permis d’aller peindre directement dans la nature. Je pense aussi qu’à ce moment là, c’était la technique la plus adaptée à traduire la lourde présence silencieuse de la neige.

La neige qui recouvre l’horizon et fond : on ne pouvait trouver plus logique que de peindre avec beaucoup d’eau et des couleurs délavées, comme si tu peignais directement avec les matières qui se trouvent devant toi.

C’est vrai que je n’ai jamais connu de paysage enneigé pendant d’aussi longues semaines.
J’aimerais peindre vraiment physiquement avec de la neige mais ce n’est pas vraiment pratique, j’ai essayé: les morceaux gelés de couleur fondent et déforment complètement le dessin jusqu’à ce que ça élimine les détails. Les précisions se retrouvent inondées pour ne laisser qu’une présence brouillardeuse qui ne laisse visible que l’essentiel.
À certains moments il a fait bien froid et les endroits de lavis liquides ont gelés sur place et les cristaux ont été conservés sur l’aquarelle finie.

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Depuis ton installation ici, tu m’as dit être tiraillé entre peindre et observer la nature, tu as donc décidé de passer tout ton temps dehors à peindre la forêt recouverte de blanc, à la recherche des grottes formées par la neige qui se pose sur des branches proches du sol. C’est la première fois que je vois autant de dessins d’après nature dans ton travail.
En as-tu toujours fait ou est-ce exceptionnel ?

Non ça ne m’est jamais arrivé de dessiner d’après nature. Ou alors une ou deux fois sous forme «d’exercice » mais jamais par nécessité. Ici je suis sans cesse persécuté par l’envie d’être dehors.
Et surtout la présence de la neige a tellement transformé le paysage, que la nature est devenu un site de mythes fantastiques peuplés de formes anthropomorphiques, comme si le paysage s’adaptait à mes rêves graphiques.

Les considères-tu au même titre que tous tes dessins ou ont-ils une place particulière ?

Comme les autres choses que je fais (bois gravés, frottages, dessins au marqueur, peinture) je considère que ça fait partie d’un tout.
Je ressens que c’est un besoin primordial en ce moment. Les dessins à l’aquarelle font partie d’un processus involontaire mais qui suit son cours et que je regarde avancer. Ils sont particuliers dans le sens où ce sont mes dessins les plus récents…
- En arrivant à la montagne j’ai commencé à travailler sur une série d’encre noire sur magazine, où les seules couleurs présentes étaient celles du magazine. (cf dossier encre sur magazine)
- Cela m’a mené à une seconde période où j’ai collé des morceaux de magazine de façon arbitraire et j’ai improvisé autour de ce collage. (cf dossier collage magazine)
- Par la suite je me suis mis à coller des morceaux de photos d’encyclopédies afin d’improviser la suite et de fondre le collage dans un dessin que je voulais « hyper-réaliste ». C’est dans cette dernière période que j’ai utilisé l’aquarelle (cf dossier aquarelle et magazine). Les couleurs correspondaient davantage à celles de la nature automnale qui m’entourait.
- J’ai mis de côté le collage pour ne plus que travailler à l’aquarelle et cela a coïncidé avec la tombée de la neige. Alors, je n’ai pas pu rester tout le temps à l’atelier, il fallait que je me rende dans les bois pour pouvoir peindre d’après le motif. Ainsi certaines aquarelles n’ont été réalisées qu’à l’extérieur, et d’autres sont des inventions. J’aime l’idée qu’on ne puisse pas distinguer celles qui sont faites d’après le motif de celles qui sont réalisés d’imagination. Par ailleurs j’ai procédé comme s’il s’agissait de collages, puisque à de nombreuses reprises j’ai peint à certains endroits de la feuille d’après nature, puis rentré à la maison j’ai inventé le reste sur les parties qui n’avaient pas été peintes. Un peu comme j’ai pu procéder pour mes frottages de matières.(cf dossier aquarelles)
- Au fond, toutes ces périodes successives m’ont faites apparaître le fait que je travaille sans, cesse sur les sujets de l’enfouissement et du camouflage.

Tu essaies de recréer une vérité tangible, pour t’en éloigner au fur et à mesure ?
En fin de compte, j’ai toujours essayé de coller à la réalité, même si auparavant cela apparaissait sous une forme plus pop.
Je déteste les protocoles. J’ai moins envie de résultat que de me diriger quelque part quand j’ai l’impression que c’est la voie qui m’intéresse à un moment donné. J’aime vraiment me perdre dans mon travail, comme j’aime me perdre dans mes promenades. J’ai toujours été attiré par l’hyper-réalisme, même, ou surtout, s’il prend une forme abstraite

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Une nouvelle palette de couleur s’offre à toi, beaucoup plus froide. Les gris-bleu, les verts translucides, vert d’eau, vert sapin, les reflets turquoises, les blancs cendrés, métallisés apparaissent, mais parfois quelques lueurs tièdes de l’aube réchauffent un peu tes dessins. C’est une vraie découverte toutes ces couleurs ?
J’adore ton champ lexical, j’ai envie de les utiliser comme titres pour mes dessins. Ces couleurs viennent d’une part de la technique employée, et d’autre part de ma volonté de me défaire de couleurs criardes qui me dégoûtent pour l’instant.
Au fond je redécouvre ces couleurs que j’ai toujours aimé, et que j’ai toujours voulu employer.

Tu m’as dit te rendre compte que tu aurais toujours dû être là, et pourtant c’est la ville qui t’a gardé auprès d’elle toutes ces années. Ça saute aux yeux quand on revoit ton travail avec cet angle d’approche. Les scènes se passent toujours dans des paysages naturels, dans des villages secrets, au cœur des forêts ancestrales, dans des cabanons isolés. Le champ lexical que tu utilises pour nommer tes œuvres (épouvantail, récolte, marcheur, pèlerin…) ramène lui aussi à l’univers montagnard/campagnard.
C’est vrai que c’est dans la nature que j’ai toujours aspiré à vivre. En ville je rêvais de la nature et dans la montagne, je culpabilise de rester enfermé à la maison, c’est sans fin. J’ai un amour total des zones préservées. Certains endroits sont restés quasiment sauvages, et c’est intense de ressentir que l’être humain est un mammifère parmi d’autres dans ces moments-là.
Même si ce mammifère aurait aujourd’hui bien du mal à vivre de façon sauvage…
Quand je croise les cabanons abandonnés ou les maisons en ruine dans la forêt, il y a une force démentielle qui se dégage de cette ambiance. J’aime l’idée de croire qu’une histoire humaine, un village, une civilisation a été là avant que la nature ne reprenne ses droits à la moindre fabrique qui ferme et dépeuple le village. C’est comme si la vision du reste de la bâtisse mélangé à la forêt construisait une nouvelle entité. Donc paradoxalement, quand je me balade dehors, je rêve à la fois de croiser un animal et de rencontrer un reste de construction humaine.

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Je voudrais revenir sur une installation que tu as réalisé au Centre d’Art Contemporain de Lacoux l’année dernière lors d’une résidence, Repère anthracite. J’aime beaucoup la construction de bois, accompagnée d’une peinture que tu as recouvert et dont il ne reste que le spectre.
Recouvrir de blanc cette fresque, n’en laissant que les traces est un geste fort. Il m’évoque cet intérêt que tu portes pour la ruine et que tu développes dans ton travail, les empreintes, tes frottages, tes récoltes de matériaux ou les objets que tu crées en bois ou en papier-mâché. Ce recouvrement est finalement très cohérent et ne m’apparait pas tant comme une « erreur » que tu chercherais à cacher que comme une manière de montrer les restes du passé sans les imposer.

C’est difficile de répondre à tes questions parce qu’elles disent tout par la fine analyse et la formulation très maîtrisée que tu emploies.
Donc je vais parler de choses qu’on ne peut pas savoir. Pour parler du mur: ce moment était le plus étrange, le plus dur et pénible puis par la suite la plus riche expérience pour moi depuis un bout de temps.
Au Centre d’Art de Lacoux, il y a une très grande salle très haute de plafond. Dans un premier temps j’ai voulu réaliser une peinture murale inspirée de la forêt du moulin de la Charabotte, une forêt entièrement couverte de mousse bordant une rivière. Tous les arbres ressemblent à des insectes velus, géants et verts fluo.
Pour rendre compte du sentiment que j’ai ressenti dans cette forêt, j’ai voulu utiliser le coin de la pièce. Avec ce coin, je voulais montrer ou plutôt me confronter moi-même à l’étrangeté physique de l’enfoncement, de l’apparemment infranchissable, de la perspective du sentier existant ou inventé.
Et puis de façon plus intime, le coin du mur a toujours été pour moi très important.
Pendant toute mon enfance, avant de m’endormir, je m’inventais des histoires en faisant un focus sur le coin du mur, j’avais la certitude qu’en fermant un œil, je pouvais voir plus loin que le mur, je voyais clairement dans la pièce de derrière, mais bien plus, je pouvais aller aux confins de l’Univers choisir parmi les histoires immuablement existantes et piocher l’histoire de mon choix. Je la faisais progresser grâce au coin du mur qui m’y avait invité… Quand je fermais un œil, j’avais une histoire, en ouvrant les deux yeux j’obtenais des péripéties plus ou moins nettes.
Sur ce mur j’ai utilisé ma gouache de façon très liquide, donnant à ma peinture un aspect assez doux. Plus j’avançais, plus j’étais content, fier, pour que finalement, ça se retourne contre moi et que je me dise: «Tu veux dire la forêt de la présence et la présence de la forêt, alors pourquoi être aussi trivial? Il faut effacer tout ça et faire autre chose ». Ce à quoi je me refuse constamment car je ne garde en général que le premier jet. J’ai donc peint à l’acrylique blanche sur toute ma gouache. Je n’avais pas calculé l’effet, je me suis retrouvé devant un mur brumeux à la fois sale et propre. Il y avait devant moi quelque chose que je n’avais jamais osé réaliser alors que je ne pensais que de façon abstraite. J’ai donc décidé de garder le mur tel quel. J’avais bien conscience qu’il était de loin bien moins séduisant et concret qu’auparavant, mais c’est aussi ce qui me plaisait dans cette histoire. La peinture murale pouvait sûrement maintenant cohabiter avec les morceaux de bois noircis et gravés. Ainsi je n’aurais pas un mur qui est l’illustration de mon installation de branches ni l’inverse, j’aurais un ensemble qui existe et reste dans le respect de l’idée du focus du coin du mur qui se veut univers.
C’est aussi pour cela que j’ai effacé en partie le hibou que j’avais peint.

Quelques jours avant de tout repeindre en blanc à l’acrylique, j’avais réalisé la peinture d’un hibou volant avec les serres ouvertes pour attraper sa proie. Ce hibou était peint de façon très réaliste d’après rétroprojection d’une photo (autre procédé que je m’étais toujours refusé à employer..) et était peint à cheval sur le mur et sur une planche de mélaminé brûlé en partie puis accrochée au mur. Je l’avais peint de cette façon car je m’étais réveillé le matin même avec cette vision que je ne pouvais enlever de mon esprit.
Donc j’ai recouvert le hibou et enlevé la planche, même si ce travail me plaisait. Mais je ne voulais pas cela pour aujourd’hui, je voulais que le hibou lui aussi fasse partie de cette installation et devienne lui même la brume.

Je retrouve cette même brume en ayant déménagé ici. Cette brume est celle des fantômes, elle est lourde, opaque et vivante. On a même l’impression qu’on va être directement acidifié et désintégré en la traversant, alors qu’elle ressemble plutôt à un air sacré quand on ose la pénétrer. Elle t’enveloppe de Sainteté. Elle est comme la neige qui assourdit tout, à part que cette brume n’est pas palpable!
Pour ce qui est des morceaux de bois, je n’ai pu les graver que quelques heures avant l’ouverture au public car jusqu’au bout je ne voulais rien décider. De même, pour la disposition, cela s’est fait dans les dernières heures pour n’avoir de rapport qu’avec mon instinct et le moins possible avec mon intellect. Ainsi je l’ai certainement disposé comme j’aurais aimé la découvrir: une cabane non-cabane, où les éléments sont posés les uns contre les autres et où je n’aurais pas voulu en ajouter ni en enlever. J’ai sans doute voulu que les visiteurs appréhendent mon installation comme je peux rencontrer dans la forêt une curiosité inracontable et pourtant qui change à jamais mon regard sur le monde.

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Cette histoire de coin de pièce, m’évoque fortement la bande dessinée de Richard Mc Guire, « here » paru en 1989 dans Raw, la revue de Art Spiegelman et reparu cette année dans une nouvelle version de 300 pages. On y suit un coin de maison à travers le temps, avec ses habitants qui grandissent meurent, disparaissent. Les nouveaux venus, le chat qui passe, les meubles qui changent. Les scènes de la vie courante, à travers les âges, y sont superposées et le temps devient un protagoniste abstrait. Parfois, on s’aventure dans un passé lointain où tout n’était que magma, ou dans un futur de science fiction en 2033. Passé-présent-futur, on est apiré dans un tourbillon temporel vertigineux. Qu’as-tu pensé de cette histoire ? (je lui envoie les photocopies de la version de 89, ainsi que l’entretien avec Bill Kartolopoulos trouvé dans la revue Kaboom)
Intéressant! J’aimerais lire la version de 300 pages.
L’interview de R. Mc Guire m’a beaucoup parlé! Je me suis vraiment retrouvé dans cette fascination pour un endroit qui recèle d’histoires. Étonnamment, je suis peut-être davantage touché par les photomontages préparatoires car je trouve que le dessin fait perdre en véracité.
Cependant, j’aime les coins de pièces pour une autre raison que pour les histoires successives qui s’y sont déroulées. Dans mon enfance j’étais convaincu d’une dimension inconnue révélée par le coin de pièce. Le film Interstellar montre magistralement ce en quoi j’ai toujours cru et que je n’ai jamais réussi à exprimer.


Richard McGuire, Here, 1989

Richard McGuire, Here, 2015


Interstellar

Pour revenir à Repères Anthracite, Je crois que tu as déposé les restes de bois gravés dans la forêt, pour prolonger la vie de l’œuvre. Elle sera envahie par les ronces et disparaitra sans doute sous la végétation, à moins que tu ne la rénoves ?
Je ne pense pas la rénover mais plutôt l’alimenter en y ajoutant d’autres morceaux.

Tu as reproduit le même processus de gravure sur bois avec un bateau, cet été. Je crois que tu cherches une maison entière à graver. Tu as proposé de graver le chalet de Jean-Xavier Renaud mais il a décliné ton offre, as-tu trouvé d’autres pistes ?
Avec la barque, j’avais récupéré une vingtaine de morceaux de différentes épaves dans un cimetière à bateaux vendéens. J’en ai reconstitué « un » qui ressemble davantage à une pierre tombale qu’à un bateau, et ça me va.
Les pistes sont nombreuses, du moins je sais que je vais le faire, mais rien ne presse, cela se présentera d’un coup. Des amis sont très partants pour que je grave leur poulailler dans quelques mois. Peut-être que je vais construire des cabanes moi-même ou en collaboration avec des amis et/ou d’autres artistes, et je vais aller recouvrir de noir, puis graver les cabanes des scouts, les guets de chasseurs, tout ce qui est en bois et qui me parlera.
Je veux graver une maison type chalet sur les murs extérieurs et intérieurs. Je sens que ça va se présenter si je veux vraiment le faire…
Une maison hyper vernie et luxueuse me plairait bien. En Suisse par exemple.

Ce qui t’intéresse là dedans, c’est la limite entre l’art et le mystère, n’est ce pas ? Qu’une maison au milieu de la forêt soit découverte par des promeneurs, qu’ils soient surpris et qu’ils n’arrivent pas à identifier exactement ce devant quoi ils se trouvent.

Cela me fait penser à une anecdote. Jérôme Abel et Colin Ponthot, alors jeunes artistes étudiants à Lyon en 2001, voulaient créer un mythe*. Autour d’une forme qu’ils avaient déterminé assez simplement (5 points reliés géographiquement dans Lyon), ils commencèrent à inventer et composer, de manière compulsive, se servant de nombreux supports et média (dessins, textes, vidéos, performances…) pour faire vivre leur idée. Au bout d’un an, je crois, après avoir épuisé toutes les méthodes d’approfondissement de leur recherche, ils enfermèrent tout le matériel restant dans une malle (des centaines d’impressions, un ordinateur en état de marche, des objets divers, des textes théoriques, de nombreuses photos). Ils enterrèrent cette malle dans un champ, pensant qu’elle serait découverte bien des années plus tard et interrogerait les découvreurs sur la teneur de ce « trésors ». Malheureusement pour eux –et le monde mystérieux qui aurait pu naitre- ils reçurent un coup de téléphone de la gendarmerie quelques jours plus tard. Un promeneur avait été intrigué par un gros tas de terre remué et pensait au pire.
Je ne sais plus comment finit l’histoire, c’était il y 15 ans. Sans doute, avaient-ils dû récupérer leur bien et le stocker dans un grenier secret, à moins qu’ils ne l’aient enterré une nouvelle fois dans un endroit plus discret.
Mais après tout, la fin n’est pas vraiment importante, ce qui compte c’est la légende, non ?
Très belle histoire!! C’est vrai que c’est intense quand on est dépassé par ce qu’on avait imaginé, « la réalité », est toujours plus forte… Je trouve que le coup de téléphone de la gendarmerie même si il arrive le lendemain de l’enterrement du trésor, n’en n’est pas moins une découverte, qui pour moi équivaut à la découverte de ce même trésor dans 4000 ans.

Je pense que tout est équivalent : l’envie, l’expérience, la réalité, les restes, la légende. Tous sont indissociables et constituent toute forme de civilisation, c’est sûrement pour cela que les restes de civilisation m’envoutent autant.
C’est un peu comme cette histoire vraie d’une clocharde refusant toute aide de la part des passants alors qu’on découvre peu après qu’elle avait 70 000 euros dans ses sacs en plastiques.
Oui, ce qui compte c’est la légende tu as raison.

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La forme, Colin Ponthot & Jérôme Abel

Nous avons commencé cet entretien l’hiver dernier. L’été est là.
La neige bleutée que tu peignais a disparu laissant la place à la végétation moussue. Je sais qu’un projet t’a beaucoup occupé ces derniers temps.

J’ai eu un gros moment de non-travail possible après l’hiver ! Une gentille dépression post-neige. Maintenant, depuis un mois, je bosse sur un projet qui me prend tout mon temps.
Je couvre une dizaine de livres de traits noirs. J’avais commencé ce travail avec des recouvrements de magazines publicitaires que je continue à faire en parallèle et qui prennent d’avantage l’aspect de comics en raison des couleurs criardes imprimées à l’origine.
Les gros livres -Encyclopédies, Dictionnaires, Quid, Dictionnaires animaliers- je les recouvre de noir, d’écritures, de dessins, d’histoires courtes ou longues sur une ou plusieurs pages, de réflexions, de révoltes, de constats, de descriptions.
Je ne comptais faire qu’un livre mais le temps de séchage un peu long à chaque page m’a obligé à m’atteler à plusieurs livres en même temps. Je pars souvent de rien, mais plus le travail avance, plus il est en résonance avec le sujet traité par le livre orignal.

C’est devenu un travail obligatoire, presque une mission, ce qui rend ce travail proche d’une torture et dont la fin est difficile à entrevoir car il s’agit de travailler sur plus de 6000 pages. C’est complètement ascétique.
C’est psychologiquement déroutant pour moi…C’est une jouissance, et une souffrance, une sorte de sado-masochisme en somme. C’est quelque-chose qui se passe à la limite de plusieurs limites.

Dans ces moments-là, je me suis senti comme un scripte religieux. Je deviens celui qui écrit ce qui existe, et j’invente en même temps ce qui doit exister.
Remanier ces livres c’est pour moi donner une autre version de l’histoire que celle qui est écrite sur le livre imprimé, ce n’en est pas moins légitime. Je donne à voir et à lire une histoire qui recouvre l’Histoire officielle sacralisée et rendant l’objet Unique donc fétiche, ça devient « mon propre sacré ».

Le plus étrange c’est que ce travail sur livres est venu d’un croquis que j’avais fait pour une sculpture en bois gravé que je comptais réaliser et je me suis aperçu qu’il ressemblait à un Lutrin Royal. J’ai découvert que j’avais dessiné un ‘Ambon’ sans le savoir. La nécessité de ‘faire’ ces livres s’est imposée. Une fois finis, je fabriquerai des couvertures en bois gravés, découpés sans doute en couleur, sur le dos, la face, et la tranche que je fixerai de façon barbare et royale sur les livres. Dans mes rêves, ils seront compulsables depuis des Ambons constitués de structures en bois surélevées par une estrade sur lesquelles il faudra monter. Je pense aussi faire des gants spéciaux qui serviront à compulser sans aisance ces Livres. Ce pourraient être des gants de fauconniers fabriqués en côte de maille et peaux de serpent…

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Photos & texte : Sammy Stein

*Texte de présentation de Colin Ponthot et Jérome Abel : L’ambition fût de travailler à deux autour d’un projet total et sans limites.
Armés de notre jeunesse, et voulant éviter les manies d’un art sophistiqué, nous avons entrepris la création d’un mythe. On a donné à un nom générique, la valeur d’un nom propre, le nom de notre création : La Forme. L’origine du mythe est la création d’un dessin sur une carte de Lyon, réunissant 5 lieux / points de la ville (Tour de la Part-Dieu, Fourvière, un point sur un quai, Interpol, les Beaux Arts). Le développement, la déclinaison de La Forme par la suite joue sur les échelles (infiniment petit / infiniment grand), les différences de point de vue (la carte / la réalité), sur l’absurdité des discours politique, narratif, scientifique, religieux, qui clament une vérité incroyable.
C’est un projet qui se veut sans mesure et généraliste.

« A l’origine du monde, il y avait la feuille A4.Tout est compris dans moi, dans chaque objet, dans La Forme. » Al Emrof, chercheur de l’absolu.

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le site de Ludovic Boulard Le Fur


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collection @ 2 juillet 2015 - 9 h 09 min

entretien avec Roméo Julien



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   Roméo Julien, Article 11 n°19, 2015

 

Nous suivons et apprécions  le travail de Roméo Julien depuis maintenant quelques années. Nous l’avions rencontré dans le cadre du festival F.O.FF Angoulême dont il assure, avec toute une équipe, l’organisation chaque année. Nous avons profité d’un passage à Limoges, où il s’est récemment installé, pour le retrouver et discuter avec lui de ses dessins. Il nous montre son atelier, soit son appartement privé de connexion Internet, dans lequel il a installé une grande table régulièrement envahie de papiers, carnets et feutres. Son enthousiasme est comme toujours au rendez-vous.

 

 

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Le bureau de Roméo Julien, bien rangé pour la photo

 

Tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Roméo Julien, je suis un jeune artiste tout fraîchement sorti de l’école, je fais du dessin.

Tout fraîchement sorti de l’école ?

Il y a deux ans que j’ai fini les Beaux Arts d’Angoulême. Je suis un cancre des Beaux Arts, j’y suis resté huit ans ! Capture d’écran 2015-04-14 à 09.54.03

J’en ai profité un max : les bour$€$, l’argent facile… J’ai fait deux ans à Montpellier et six ans à Angoulême.  Actuellement je travaille aux Beaux-Arts de Limoges, j’essaie d’aller jusqu’aux dix ans d’affilée, ce serait pas mal !

Tu fais quoi à l’école d’art de Limoges ?

Je suis technicien d’assistance pédagogique à l’atelier édition et impression.

Et à côté je pratique le dessin, en particulier la bande dessinée. J’aimerais bien faire plus de peinture. J’organise aussi le F.O.FF avec des copains.

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Roméo Julien, Sans titre, 19 cm x 27 cm, peinture acrylique sur papier, 2013

De quoi parle ton travail ?

D’un point de vue strictement narratif je ne raconte pas grand chose. Ce qui m’a fait vraiment du bien en ce qui concerne la narration et le dessin ça a été les épisodes de Mister Uppercut.  Une BD hyper spontanée dans les enchaînements de situation, assez expérimentale dans la narration.

Ça date ?

Ouais ça date, ça a au moins deux ans.

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Roméo Julien, Mister Uppercut in Africa, Les Machines, publié en 100 exemplaires, 2013

 Ah ouais, ça date pas du tout donc, c’est récent ! Je pensais que tu parlais d’une bande dessinée d’un auteur qui t’avait influencé.

C’est de moi mais cette bande dessinée-là a été un réel déclic. Tout est venu de la perte d’un carton à dessin, qui contenait plein de planches hyper chiadées. Je suis assez lent donc j’avais peut-être une vingtaine de planches que j’avais dû faire en un an. Suite à cette perte je m’étais senti totalement dénudé, sans rien, très triste d’avoir perdu ce carton et je m’étais donné une contrainte d’un mois pour faire quelque chose d’assez rapide, même au niveau de la narration et du dessin, quelque chose d’hyper efficace et ça a donné ça. Ça m’a fait beaucoup de bien. J’aimerais bien retrouver cette spontanéité dans le dessin et dans l’écriture aussi.

C’est sorti en 2013 ?

Ça c’est le deuxième épisode qui est sorti en 2013. Le premier ça devait être en 2012. Je l’ai réédité en 2013 avec les Machines, à la base c’était pas en riso.

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Roméo Julien, Mister Uppercut, Les Machines, publié en 100 exemplaires, 2013

Les Machines c’est une maison d’édition angoumoisienne c’est ça ?

Angoumoisinne. C’est une structure qu’on a monté à dix, dans l’optique de mutualiser nos moyens de production et nos efforts. Tout est parti de l’achat d’une imprimante. On a tous mis 50 balles* dans une imprimante dans l’idée de s’autoéditer. On était encore à l’école, on n’avait pas d’éditeur mais on avait envie de faire des choses. Ce n’est pas une maison d’édition à proprement parler car il n’y a pas de ligne éditoriale, c’est plus une idée d’atelier. Je ne fais plus partie des Machines, je suis parti.

De toute façon tu n’habites plus à Angoulême.

Les machines sont quasiment toutes parties à Toulouse. En discutant je ne me retrouvais plus vraiment dans l’asso donc je suis parti au début de l’année dernière. Ça a été un chouette projet en tout cas. Et ce bouquin que j’ai fait dans ce contexte particulier a été un déclic dans ma manière de travailler. Le travail sur carnet est par la suite devenu très important également.

Ouais je vois, tu viens d’en sortir une grosse pile. Tu travailles comment à partir de ça ?

Ça fait deux ans que je travaille ainsi sur des carnets de ce format-là (A3, NDLR). Ça me permet un rapport très simple et spontané avec le dessin.

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Extraits des carnets de Roméo Julien

Et tu peux te permettre le raté.

Je suis à l’aise, je gribouille, je barre. Si je bosse sur un projet sérieux je n’y arrive pas car je me mets la pression et je n’accepte pas de rater.  Alors que sur le carnet je me libère de ça. J’envisage le carnet comme un répertoire de formes, une bibliothèque dans laquelle je peux venir piocher. Je viens souvent y chercher des éléments. Ç’a été vraiment important pour le zine Freaky Happy Cosmic War Show chez FP&CF qui n’a été fait qu’à partir de mes carnets. Il y avait vraiment une idée de scénographie : ce sont plein de scénettes, et les carnets ont été hyper important dans l’élaboration de ce projet.

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 Roméo Julien, Freaky happy cosmic war show, FP&CF, publié en 150 exemplaires, 2013

J’ai un peu abandonné le carnet mais j’aimerais vraiment bien reprendre, dans cette idée d’un dessin quotidien.  C’est souvent des choses très spontanées mais il y a aussi beaucoup de travaux de recherches que je peux faire  les bibliothèques ou dans les journaux ou à partir d’images que je trouve sur Internet. Il y a déjà un premier filtre, je n’essaie pas de faire un dessin réaliste, c’est  déjà un travail de réappropriation. Ensuite je travaille par principe de collage avec ces divers éléments.

En ayant tes trois bouquins sous les yeux on est surpris par le format, du A5 maximum alors que tes carnets sont au moins A3, tu travailles en assez grand mine de rien.

Ouais c’est  un peu frustrant. Quoique…  Pour le bouquin avec FP&CF je me projetais dans quelque chose d’un peu plus grand , j’avais en tête le bouquin de Mike Redmond. Mais finalement le petit format choisi te force à prêter l’attention au dessin. C’est pas mal mais j’aimerais bien envisager des éditions plus grandes, plus proches de l’échelle originelle. J’ai pour projet de faire une édition de ces carnets. Ce serait une manière de faire exister ce boulot-là en tant que tel.

En tout cas ce travail de carnet est essentiel, ne serait-ce que dans le plaisir qu’il me procure dans le dessin. Je n’en attends rien.  Je peux me lâcher, je peux remplir des pages. Et dès que j’en sors pour passer au vrai projet, ça devient laborieux. L’étape du carnet est vraiment nécessaire.

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Les principaux outils de travail de Roméo

Quels sont tes projets à venir ?

Je viens de finir les illustrations pour un bouquin qui va sortir en octobre aux éditions Tusitala qui s’appelle Steal this Book.  C’est sorti dans les années 70 et c’est inédit en France. C’est un guide de combat écrit par Abbie Hoffman, un des fondateurs du mouvement Yippie. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’illustrer même si j’ai mis un peu de temps à me plonger dedans et à le faire. Ça vient sûrement du format : plus c’est petit et plus j’ai du mal. Enfin c’est peut-être une impression. J’ai en tout cas la volonté de sortir de ces formats et de l’objet scannable et imprimable. Je voudrais partir sur des formats beaucoup plus grands, en peinture, et sortir de cette ligne claire dans laquelle j’ai tendance à m’enfermer pour revenir à quelque chose de moins laborieux.

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Extraits des illustrations pour Steal This Book

D’autant que paradoxalement si tu es arrivé à cette ligne claire c’était pour gagner du temps à la base.

Exact. Je repense beaucoup à ces peintures que j’avais faites dans Mister Uppercut. Je repartirais bien là dessus, en plus grand, en relâchant le geste et voir où ça va. Me donner le luxe de l’erreur.

Pour la suite de mes projets il est également question d’une résidence dans une grande ville d’Europe de l’Est avec une photographe.

La discussion s’arrête un moment le temps de sortir des cartons et plus de carnets, puis reprend avec les dessins sous les yeux :

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On se rend bien compte que tu es dans une recherche de ligne claire mais, par définition, elle est censée être parfaite et là elle est pleine d’erreurs. Le trait déborde, ça bave, ça tombe à côté, c’est corrigé au Tipp-Ex. C’est un peu paradoxal la recherche de cette ligne claire et l’acceptation de son échec. En plus tu fais ça à partir des carnets qui sont des essais, tu le recherches au propre mais le propre n’est jamais parfait non plus.

Je pense que je n’aurai jamais une ligne claire parfaite. Je ne le veux pas d’ailleurs. C’est important de garder cette maladresse. Si je les supprime mon dessin va y perdre énormément. Mais ce n’est pas franchement réfléchi, j’essaie de rester fluide dans la manière dont je dessine et je n’ai pas envie de revenir sans cesse à corriger donc il y a parfois des amorces  de trait que je décide de laisser, ça apporte un côté bancal que j’assume pleinement.

Et puis il y a aussi le Tipp-Ex… je travaille sans crayonné. Mes étapes sont le carnet puis la feuille directement. Il y a une période où je n’utilisais que du feutre et du Tipp-Ex. Il y a des dessins avec une tonne de Tipp-Ex dessus, je m’interdisais de recommencer et je reprenais mon dessin, il y a des couches et des couches de Tipp-Ex, c’est bourré de repentirs. La recherche de perfection est visible sur les originaux mais disparaît à l’impression. Ça m’a pas mal questionné sur ce que je devais garder ou non. Le Tipp-Ex a quelque chose de pictural finalement, ça m’intéresse. Mais j’ai tendance à moins travailler comme ça et plutôt à recommencer mes dessins à la moindre petite erreur.

 

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Détails

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Deux versions, esquisse et rendu final, d’un même travail

En voyant tes derniers travaux je trouve que ta ligne a perdu ces erreurs.

C’est vrai et ça me fait un peu flipper ! Je ne veux pas trop me rigidifier non plus, je ne veux pas perdre tout ça.

Peut-être que ces recherches t’ont amené là et que maintenant ça va te mener ailleurs, ce sont des étapes.

Je me demande parfois si tout ce dessin préparatoire n’est pas plus intéressant que ce que j’en fais au final. J’aimerais bien garder ce trait pour un travail abouti mais il n’est toujours qu’une étape. Si je savais que je le faisais spécifiquement pour un projet d’édition mon geste serait sûrement immédiatement atrophié.

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  Roméo Julien, Tschäggättä On La Pampa #2, 14 cm x 18 cm, feutre et stylo correcteur sur papier, 2014, à paraître

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  Roméo Julien, Tschäggättä On La Pampa #7, 14 cm x 18 cm, feutre et stylo correcteur sur papier, 2014, à paraître

Tu recherches la spontanéité pour qu’elle te mène ailleurs mais une fois ailleurs tu voudrais retrouver cette spontanéité.

Oui c’est ça. J’ai pas fini de chercher encore !

 

OFFICIAL PORTRAIT

Roméo joue les durs dans son salon le jour de l’entretien

 

* 50 euroballes, soit 327,98 Francs.

 

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Plus de travaux de Roméo Julien sur son compte flickr


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collection @ 20 avril 2015 - 13 h 03 min

Blanche Daramir



Nous avons profité d’un passage à Nantes pour rencontrer Blanche Daramir chez elle. On la connaissait autrefois sous son vrai nom dont elle a fait un anagramme et il y avait longtemps que l’on n’avait plus vu de ses travaux. Bel accueil : il fait beau et dans la maison ses deux chats ronronnent. La discussion s’installe en revenant sur l’époque où l’on avait découvert son travail pour la première fois.

Il y a de cela plusieurs années tu t’occupais d’un site qui s’appelait Shining Magazine
J’adorais aller fouiller et chercher des gens. Il y avait même de très très jeunes artistes. J’aimais bien faire ça mais ça prend du temps.

Le site est toujours en ligne ?
Non, il doit y avoir encore quelques trucs mais plus le site complet (1).

Ça marchait comment ? Je me rappelle que tu invitais plusieurs personnes en même temps.
J’invitais sept personnes par numéro autour d’une thématique générique. Chacun faisait ce qu’il voulait mais l’idée était quand même de montrer des nouveaux travaux réalisés spécialement pour le site.

Peux-tu nous présenter tes travaux récents, comme la série des Auras vertes ?
C’est une série de dix dessins. Il y en a deux violettes supplémentaires maintenant. Ça s’appelle les Auras parce que j’ai envie de mettre en scène des œuvres : c’est l’idée d’une mise en abîme de l’œuvre d’art.

 

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Les auras

D’où viennent les formes représentées sur les dessins ?
Celle-ci c’est une enfant qui me l’a offerte, elle l’a réalisée dans le cadre d’un atelier d’arts plastiques dont je m’occupe, tu vois il y a écrit Blanche dessus :

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Les Auras sont pour moi une forme de mise en scène de l’œuvre d’art et de la forme de manière plus générale. Il peut s’agir d’œuvres d’art qui existent ou que j’invente, ça peut être des représentations de sculptures, de dessins, ou de formes. L’idée est d’interroger ce qu’il va rester de ça, des œuvres et des créations de l’humain en général.  J’envisage l’œuvre d’art comme quelque chose de mystique qui va peut-être rester dans le temps et qui est porteur d’un message. C’est pour ça qu’il y a ce halo autour. J’aime l’idée de mystifier encore plus en créant des Auras.

Il y a cette série des Silhouettes aussi :

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Qu’est-ce que c’est ?
C’est une contrainte que je me suis imposée, j’avais envie de faire des dessins en seul trait, sans lever le crayon. Ce n’est pas du tout naturel comme façon de dessiner, en général on passe son temps à reprendre son trait. On pourrait imaginer d’emblée que le rendu va être hyper figé, puisque la main elle même ne décolle pas, mais le résultat est plutôt inverse, le dessin est très mobile presque vivant avec toutes ces boucles.

Mais là quand je le regarde tu me parles d’un seul trait mais au final c’est un aplat, qu’est-ce qui s’est passé ? Sous cet aplat il y a les boucles ?
La plupart ressemblent à ça au départ. Elle sort un dessin d’un carton. C’est plein de boucles. J’élimine la ligne mais au final il en reste quelque chose, comme ces images de vase où tu peux voir deux profils. Ce sont des lignes qui deviennent des aplats et qui deviennent du blanc et du noir, du plein et des vides.

Oui ce n’est plus du tout des lignes donc, ça devient des masses.
Oui, c’est vrai. J’ai voulu retrouver des lignes en travaillant cette série qui s’appelle les Entremêlés.  Je voulais laisser les lignes pures cette fois, ne rien remplir, et faire dialoguer ces lignes et ces formes entre elles. Les formes deviennent des personnages. On peut les voir sur cette photo d’expo :

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Elle est où cette expo ?
C’est à Quimper. J’y présente toute la série des Miniatures, ce sont des mini œuvres d’art. Comme ça :

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En fait tu travailles tout un ensemble qui s’alimente sans cesse. Tes dessins renvoient aux petits objets que tu crées, qui renvoient à des dessins.
C’est exactement ça, je peux travailler sur mes maquettes pendant deux semaines, mais à un moment j’ai besoin de m’aérer et de tracer des lignes ou des surfaces en peinture. Tout parle de la même chose mais avec des techniques et des approches différentes.
Ça c’est un autre dessin qui est présenté à Quimper, qui parle plus de Lascaux et de l’érection visuelle que les scientifiques ont pu avoir en découvrant ces premiers dessins de l’homme. Ce sont des formes et il y a toujours un code couleur par forme. Ces formes dialoguent entre elles donc forcément ça crée des narrations. C’est réalisé au pastel, au crayon, et ça fait 50 x 60 cm à peu près. Là c’est le quatrième qui est en cours, et on retourne vraiment vers la ligne pure :

photo Johnny Hostile

Tu travailles en ligne, en masses et en volumes donc.
Oui, mais je crois que tout parle à peu près de la même chose. Ils communiquent entre eux.

Et les Auras communiquent même dans un même format, dans un même dessin.
Oui complètement. D’ailleurs dans les Auras il y a des éléments qui se répondent, et puis ces Auras entre elles racontent encore autre chose.  On n’est pas loin de la narration, et même dans les Miniatures. J’ai toujours un peu peur qu’on tombe dans le registre infantilisant de la maison de poupée. Je n’avais pas du tout envie de ça et c’était un défi que de présenter ces sculptures de manière intelligente sans que ce soit mal compris. Il fallait absolument que ce soit bien interprété donc je devais être vigilante dans la présentation.

J’ai fait aussi cette autre série, les Sur socle. Les Sur socle existent en dessin sur papier, comme ça, c’est vraiment la sculpture en dessin.

Sans titre - 1

Sans titre - 4

Sans titre - 5

 

Ça renvoie à la fameuse question du socle dans la sculpture. Je dessine depuis quinze ans, mais toute ces recherches que je fais depuis deux ans ont été déclenchées par une réflexion sur la sculpture. J’ai commencé ce travail là avec des dessins découpés. Ça date un peu mais c’est pour te montrer la génèse.

Ce sont des choses que tu as faites entre Shining Magazine et ta production actuelle ou bien tu ne t’es jamais arrêté de dessiner ?
Je ne me suis jamais arrêté mais je n’ai pas exposé pendant quatre ou cinq ans. J’ai eu des enfants, un autre rythme, et puis je produisais dans mes cahiers mais sans avoir grand chose qui me paraisse fini et montrable.

Tu ne produisais pas dans la même optique ?
J’étais toujours en recherche. Donc tout ça a commencé par du dessin découpé qui est devenu debout, ce dessin debout est devenu argile, d’autres éléments se sont ajoutés et c’est devenu ces Miniatures. Ça m’a amenée vers d’autres questions que je ne m’étais pas forcément posées quand je produisais uniquement du dessin sur papier. Je continue à me poser des questions de sculpteur alors que je fais du dessin. L’idée du socle me fascine. Le dessin renvoie aussi à l’idée du cadre.  Ce sont deux questions fondamentales liées à la pratique du sculpteur et du dessinateur qui s’entremêlent.

Blanche sort un petit tableau d’un carton.

Ça je me suis rendue compte après coup que c’était hyper inspiré de Bob l’Éponge ! Capture d’écran 2015-04-14 à 09.54.03
Ça vient de cet épisode, le meilleur, où Bob l’Éponge est artiste. Son copain Carlo est censé être un vrai artiste mais c’est Bob l’Éponge qui fait un David sculpté juste en donnant deux coups de marteau tandis que Carlo galère comme un fou pour en faire autant. Je me suis rendu compte après coup que dans mon dessin c’était la couleur de Bob, avec la matière spongieuse. C’est aussi un personnage qui regarde des œuvres dans un musée et ces œuvres sont blanches, un peu magnétiques, c’est une forme d’Aura.

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J’ai aussi commencé une série qui est un mélange de silhouettes et de Sur Socle.  Tout ça c’est en cours. Le plus abouti c’est vraiment les Auras. Les Silhouettes c’est en pause.  J’aime beaucoup expérimenter, pour moi c’est l’essence du dessin et c’est pour ça que je continue.  Je ne peux pas m’en tenir aux maquettes et aux Miniatures, j’ai besoin de chercher des formes et de les coucher sur papier, et ça c’est le dessin qui le permet.

Et puis de le faire sur papier tu peux te demander comment le mettre en volume, c’est peut-être ce qui t’a entraînée dans autre chose.
Sûrement parce que j’aime bien tenter de nouvelles choses, me surprendre. Je m’ennuie vite si je me répète. Les Auras je pense que je vais bientôt arrêter. Ou que je vais une autre manière de travailler avec cette matière.

Moolinex parlait de la bande dessinée en disant que ça le rendrait dingue de dessiner tout le temps la même chose jusqu’à ce que ça devienne un genre de Schtroumpf que tu fais toute ta vie (2).
Oui je pense que c’est plus intéressant d’expérimenter et d’aller chercher des choses nouvelles. C’est là que ça provoque des résultats inattendus, et c’est un peu le but. J’ai aussi envie d’aller vers de plus grands formats. Les maquettes c’est super, je m’éclate, c’est vraiment agréable parce que c’est rapide.

Tu travailles comment ? C’est du carton ? De la terre ?
Non il n’y a plus de carton, ça c’était au début. Il y a de l’argile, du bois, du balsa, tout ce qui est traditionnellement utilisé en maquette. Je suis aussi assez attachée au fait d’utiliser des matériaux naturels,  comme des petits bouts de cuir, j’aime pas trop le plastique et le synthétique. Il y a de la peinture sur carton, des dessins.

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L'atelier

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C’est imprimé ?
Non c’est vraiment créé directement, les dessins sont de vrais petits dessins. Après il y a un travail de mise en scène, je tiens vraiment à ce que ce soit scénographié. Je n’avais pas envie de les montrer indépendamment mais bien comme un ensemble. C’est une œuvre d’art composée de plusieurs petites œuvres d’art. Pour l’exposition à Quimper, j’ai encore tout mélangé car normalement il y avait trois séries : Rose portrait, l’Atelier et Bleu Antique. Ça fait un seul et même ensemble au final, présenté sur une grande table en contre-plaqué très clair. Tout ça reste lié par le dessin.

C’est quoi cette expo à Quimper ?
C’est une expo qui s’appelait Pocket Gallery où j’ai montré une sélection de mes travaux récents.  C’était à la galerie Artem. Au départ j’avais des socles colorés mais ils m’ont un peu poussé à aller plus loin, c’est là où je serai certainement allée après l’expo donc ça m’a évité une étape dispensable. Je vais continuer à travailler des petites choses mais sur de plus grands formats et à les nourrir de ce que je fais en dessin. Ceci dit les maquettes je les conçois aussi comme des dessins quelque part, c’est frontal, comme quelque chose que l’on regarde au mur. Derrière c’est pas forcément beau ni intéressant.

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photos Michael Kern

Tu les conçois selon un point de vue donné donc.
La question de la présentation était assez problématique ! Puisqu’elles sont plus intéressantes de face, est-ce que ça vaut vraiment le coup de tourner autour comme on le ferait avec une sculpture ou est-ce qu’il ne vaut pas mieux les montrer de manière frontale comme un dessin au mur ? Au final on pouvait quand même tourner autour et j’ai fini par me détacher un peu de ce problème. Si ça se trouve je les montrerai une prochaine fois complètement différemment. Ça continue de m’interroger en tout cas.

Tu en as fait des dessins de ces points de vue donnés ?
Non mais ce n’est pas impossible que j’en fasse ! Capture d’écran 2015-04-14 à 09.54.03

 

 

 

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(1) Les archives du site sont ici : http://shiningmagazine.over-blog.net/

(2) CF entretien avec Moolinex, Collection #3, page 109

Le site de Blanche Daramir : http://marieblanchard.com


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collection @ 14 avril 2015 - 10 h 36 min

Exercices de musculation



L’ami Nicolas Frühauf des éditions Matière, à qui l’on doit entre autres les éditions françaises de Yûichi Yokoyama, et qui connait notre amour des belles images, nous a offert cette très belle édition d’exercices de musculation, dessinés par Lucien Demeillès, un pionnier du bodybuilding en France.

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collection @ 1 avril 2015 - 7 h 35 min

LeMégot au Huit



Grosse journée demain pour la maison d’édition LeMégot qui présente toutes leurs réalisations depuis 2010 à l’espace Le Huit à Paris le vendredi 27 février.

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Au programme de 18h à 22h :

— projections de 3 courts métrages de Tom Lebaron-Khérif

— accrochage d’originaux de Matthieu Cossé et de Louis Lavedan

— Des installations de Baptiste Brunello, Sophie de Bayser et Julie Michelin

— Ainsi que les affiches serigraphiées de Charles-Henry

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Tom Lebaron-Khérif

 

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Louis Lavedan

 

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Matthieu Cossé

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Sophie de Bayser

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Baptiste Brunello

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Julie Michelin

 

La soirée se prolonge ensuite Aux Bons Amis de 22h à ∞ avec :

— Du couscous
— Un concert-performance de Baptiste Brunello
— Une selection musicale par  Kris Crocs et Schling

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Plus d’infos:
www.lemegot.com
https://www.facebook.com/events/1529358677326595
https://www.facebook.com/espace.huit

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LE HUIT
8 blvd Saint Martin, 75010
M République
M Strasbourg – Saint-Denis

CHEZ KIKI — Aux Bons Amis
3 Rue de l’Atlas, 75019
M Belleville

 


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collection @ 26 février 2015 - 10 h 53 min

Quelques nouvelles…



 

Bonne année 2015 à tous, espérons qu’elle se poursuive de manière plus pacifique.

Un dessin de Sany (au sommaire du dernier numéro de la revue) et un de Jean Xavier Renaud, en rapport avec les tristes événements des dernières semaines.

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Putain Said. Encre de chine sur papier.  21x28.5cm. 2014.

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Jean-Xavier Renaud, parle ici de son travail à l’occasion de son exposition à la galerie Dukan.

> nouveau site avec ses dernières peintures dont voici quelques extraits.

Amonite déployée. Huile sur toile. 33x41cm. 2014
Amonite déployée. Huile sur toile. 33x41cm. 2014

 

Carla Mao Salope. Aquarelle. 65x50cm. 2014.
Carla Mao Salope. Aquarelle. 65x50cm. 2014

 

Colonnes de burnes. Gouache sur carton. 109x154cm. 2014.
Colonnes de burnes. Gouache sur carton. 109x154cm. 2014

 

Exposition de fossiles. 113x148cm. finis en 2014.
Exposition de fossiles 113x148cm. finis en 2014

 

La défaite. Gouache sur carton. 500x800cm. 2014. Vue de l-exposition Politiques Locales.
La-défaite. Gouache sur carton. 500x800cm. 2014. Vue de l’exposition Politiques Locales

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Pierre Guilhem, au sommaire du dernier numéro de Collection, a sorti en décembre une affiche chez Studio Lent . Il s’agit d’un calendrier des minutes édité à 31 exemplaires -soit un par jour pendant un mois. Vous pouvez le commander ici.

Il a écrit un petit texte à son propos:

C’est parce qu’actuellement je m’intéresse à la représentation des mesures que j’ai dessiné un calendrier des minutes.
En avons-nous ?
Non.
Pourquoi ne pas en avoir ?
En physique le temps est une donnée qui se compte en milliardième, en million, en x puissance, etc.; les minutes c’est vieux style. Le temps est parfois tellement éloigné qu’on ne peut pas le quantifier, et si le physicien dans son laboratoire, la tête penchée sur ses données, semble l’avoir trouvé c’est certainement qu’il s’est trompé; n’importe quoi.
Chez Studiolent, la réalité est tout autre: parfois les journées sont longues, un calendrier des minutes ça reste précieux.

Lundi detail

 

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Justement, Julie Redon  de Studio Lent vient de réaliser en compagnie de Thomas Rabillon un beau clip pour Gratuit dont le prochain album devrait sortir en mars.

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LIVRE

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Si nous étions moins actifs sur le blog, c’est parce que nous avons créé un TUMBLR Collection en fin d’année dernière. Partager facilement des images de la revue, celles d’ artistes que nous aimons, ou d’autres encore, plus mystérieuses; telle est sa raison d’être.

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Margaux Duseigneur


Alexis Jamet

Suivez-nous ici !

>Encore des tumblr de l’équipe: ceux de Vanessa Dziuba, Jean-Philippe Bretin et de Sammy Stein.

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Croisé justement sur Tumblr,  Belvédères, est un livre riso de Luca Retraite et Fabio Viscogliosi, sorti en décembre 2014

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Depuis quelques jours a commencé l’exposition « Underground. Revues alternatives, une sélection mondiale de 1960 à aujourd’hui » à la cité internationale des arts à Paris. Cet événement lié à la Fête du Graphisme présente une belle sélection de revues, zines, posters etc. On y verra, au hasard : des affiches de Thomas Perrodin, une partie des éditions de Kerozen, des petits zines d’Hendrik Hegray, les revues Soldes, Kramers Ergot, Mould Map, Lagon, les cahiers de l’Articho et encore beaucoup d’autres choses rares ou/et intéressantes ainsi qu’une grosse collection de revue des années 60 / 70 aux couvertures psychés -pour certaines magnifiques.

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Underground-Massimiliano-Bomba

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Une conférence en rapport avec l’exposition se tiendra ce mardi à 10h à la BNF avec :
Pakito Bolino, dessinateur, sérigraphe, éditions Le Dernier Cri, Marseille.
Jean-Jacques Tachdjian, dessinateur, sérigraphe et éditeur, éditions La Chienne, Lille
Jaïs Elalouf, collectionneur de la période psychédélique, Paris.
Kiki Picasso (Bazooka), dessinateur, Paris
Cécile Guillemet, directrice de la fanzinothèque de Poitiers
Placid (Placid & Muzo), dessinateur et collectionneur, prêteur d’œuvres pour l’exposition Underground, Paris.
Guillaume Dumora, libraire du Monte-en-l’air (sous réserve)
Alexandrine Lodé, Auteure d’un mémoire sur les publications alternatives des années 1980 à aujourd’hui
Modération :
Thomas Schlesser, historien de l’art, journaliste et enseignant.

toutes les infos ici : www.fetedugraphisme.org
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Ce même jour, à partir de 17h, la nouvelle exposition à la galerie Arts Factory, présentera le dernier numéro de la revue Nyctalope et ses auteurs.

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Charline Colette

clement vuillier
Clement Vuillier

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Louis Granet

infos : http://www.artsfactory.net

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Toujours mardi, Stéphane Trapier, l’homme qui se cache derrière les affiches du Théâtre du rond point à Paris, exposera ses dessins à la galerie Barbier & Mathon à partir de 19h. A tous les coups, on y trouvera le livre qu’il vient de sortir aux éditions Matière.

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On retrouvera Stéphane Trapier, les éditions Matière et tant d’autres individus sympathiques au festival d’Angoulême à la fin du mois. Comme chaque année, le FOFF propose une multitude de stands d’éditions indépendantes et concerts le soir. Nous présenterons le dernier numéro de la revue ainsi que diverses nouveautés. Une partie de l’équipe et Séverine de L’institut sérigraphique prépareront les repas du midi comme l’année dernière.

pour soutenir le FOFF, de nombreux artistes ont prêté main forte et imprimé affiches , cartes postales et sacs que vous pouvez trouver ici

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Roméo Julien

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François De Jonge

 

Cartes-Marion-Balac
Marion Balac

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A très vite, à l’un de ces événements, ici ou là-bas!


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collection @ 19 janvier 2015 - 8 h 58 min

Samedi 22 Novembre: Collection aux Puces de L’illustration



Les puces de l’illustration réunissent depuis 2 ans ans éditeurs, jeunes artistes, revues, imprimeurs, galeries etc pour une journée à la fonderie de l’image de 10H à 19H. Ce samedi, nous y présenterons le dernier numéro de Collection, les multiples éditées par la revue, quelques publications que nous distribuons (comics de Benjamin Marra..) ainsi que nos dernières productions personnelles.

A demain!

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exposants :
3 fois par jour / Les 3 Ourses / Aline Zalko / Amandine Meyer / Amélie Carpentier / Atelier OASP / Baptiste Virot / Carnet d’ivoire / Combo / Dessins des Fesses / Editions Contrepoint / Editions FP/CF / Editions Solo ma non troppo / Elobo / Fanny Casau / Felix Meunier / French Fourch / Galerie L’attrape rêve / Geneviève Hergott / Geofffrey Dorne / Gilles Baise / Julia Spiers / L’illustre Boutique / La revue Collection / Laurindo Feliciano / Le Mégot / Le Pied de Biche / Lucy Watts / Marion Balac / Nyctalope / Orbis Pictus Club / Paris Van Print / Pia-Mélissa Laroche / Revue Citrus / Samuel Eckert / Sarah Esteje / Sourire Magazine / Super Groupe / Suprême Bon Ton / Thibault Joyeux / Thomas Danthony / Tout un Café / Violaine et Jérémy

infos: http://pucesillu.campusfonderiedelimage.org
Campus Fonderie de l’Image
01 55 82 41 41
83 avenue Gallieni
93170 Bagnolet
M° Gallieni (ligne 3)


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collection @ 21 novembre 2014 - 9 h 52 min

Mardi 11 Novembre : lancement Collection #4 à la galerie Le Huit



Bonjour,

C’est avec une immense joie que nous vous convions au lancement du quatrième numéro de Collection, le mardi 11 novembre de 16 à 23 h.

Pour ce nouvel opus, Collection s’agrandit et change complètement de forme.
Désormais au format A4 et avec 288 pages, chaque article de 32 pages comprend un long entretien bilingue français/anglais et une vingtaine de pages d’images.

Au sommaire : Pierre-Guilhem, Ronan Bouroullec, Sany, José Maria Gonzalez, Pierre La Police, Leon Sadler, Karl Nawrot, une enquête sur l’aerosolgrafia, Daniel Clowes.

Pour célébrer ce nouveau numéro, nous proposons un accrochage d’une journée avec les travaux de chacun des artistes au sommaire ainsi que tous les multiples que nous avons édité depuis la création de la revue en 2010.

Nous préparons également un cocktail spécial Cocollection #4.

Venez nombreux !

Galerie Le Huit,
8 boulevard Saint Martin, Paris 10
Métro République ou Strasbourg St-Denis

Collection sera en vente sur ici le 12 novembre et disponible en pré-commande dès aujourd’hui à la même adresse.

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collection @ 3 novembre 2014 - 12 h 16 min

Photos de Livres Uniques II et entretien avec Thomas perrodin



Hier soir avait lieu le vernissage de l’exposition Livres Unique II de Thomas Perrodin dont nous vous parlions ici.
Sous les photos, vous trouverez le texte et l’entretien que nous avons édité dans un petit livret à cette occasion. Vous trouverez aussi un texte de Paul Calori, l’un des galeristes de L’œil du vingtième ici.
Livres Unique II est une exposition du festival Fanzines! co-organisée par Collection Revue & L’œil du Vingtième. Elle sera visible jusqu’au 2 Novembre.

Infos et horaires : www.oeilduvingtieme.fr
(la galerie sera ouverte aux horaires du salon Fanzines! le week-end prochain. Elle se trouve à 5 minutes à pied de celui-ci)

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toutes les photos ci-dessus sont de Takuji Shimmura

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Nous avons rencontré Thomas Perrodin au festival Monstre à Genève en 2011. Il nous avait fait visiter l’atelier qu’il partageait avec d’autres sérigraphes à L’Usine, lieu alternatif pluridisciplinaire. Nous y avions vu son travail d’édition, ses recherches de couleurs, ses grands formats et l’environnement dans lequel il évoluait.
Thomas Perrodin dessine et imprime des affiches de concerts pour la scène musicale expérimentale internationale. Sa pratique l’amène à s’aventurer aux limites de la technique sérigraphique. Ses affiches, loin des clichés du genre, prennent des formes singulières. Il dessine généralement directement sur l’écran sérigraphique, utilisant parfois la pression du jet d’eau de son kärcher pour tracer des formes abstraites. Il imprime des dégradés, prenant en référence les estampes japonaises ; il utilise des couleurs cuivrées, des noirs profonds, propose des compositions minimalistes.
Depuis plusieurs années, il développe une série de livres uniques dont les seuls motifs imprimés sont des dégradés de couleurs. Lorsqu’on les ouvre, des paysages silencieux évoluent lentement d’un ton vers un autre. Posés en série sur des tables, ceux-ci deviennent des installations, des sculptures.
En examinant ce travail muet, on y perçoit en creux des questionnements à propos du livre d’artiste et de sa fabrication, de son impression, de l’épuisement de la couleur, de la définition d’une narration ou celle d’un paysage…
Ces multiples angles de recherches nous ont amenés à converser avec Thomas.

Quand et comment as-tu commencé à t’intéresser à la pratique de la sérigraphie ?
En 2007, en dernière année aux Beaux Arts d’Angoulême, je travaillais principalement sur ordinateur et je ressentais le besoin de mettre les mains dans un médium plus concret.

Ton utilisation de cette pratique est assez expérimentale, parfois tu peins directement sur l’écran sérigraphique.
Oui, il m’arrive de peindre avec du bouche-pores (un produit utilisé pour la correction des éléments indésirables avant l’impression). Je peins donc ce qui sera bouché, en négatif. J’utilise aussi le jet d’eau à haute pression pour arracher l’émulsion photosensible, il m’arrive aussi d’ouvrir des zones au dégraveur ou de travailler avec du scotch.

Tu réalises beaucoup d’affiches pour des concerts à Genève. Il me semble que tu te sers de tes expérimentations formelles pour perfectionner ton travail d’affichiste. Comment allies-tu ces deux faces de ta pratique ?
Elles sont intrinsèquement liées. Je réalise beaucoup d’affiches pour le domaine musical dont une bonne partie pour la scène expérimentale. Ce domaine ne possédant que peu ou pas de codes visuels dit populaires, a contrario du rock, ces affiches m’offrent un intéressant parallèle entre la recherche en musique et celle que j’effectue à travers la sérigraphie. Lorsque l’on parle d’improvisation, de murs de sons, d’électro-acoustique, de musiques dites bruitistes, j’y vois des liens évidents.
Tous les artistes pour lesquels j’ai réalisé des affiches sont une source d’inspiration. Lorsque je travaille sur une affiche, j’écoute les disques du groupe, je lis des biographies et des interviews et je regarde l’univers graphique élaboré autour de sa pratique si ce dernier existe.

Comment as-tu commencé à travailler sur les Livres Uniques ? J’ai débuté cette série à la suite d’une exposition collective organisée par Yannis la Macchia (fondateur et auteur chez Hécatombe, un collectif suisse) au festival Monstre il y a quelques années. Il avait demandé à une douzaine d’artistes de faire une édition unique, cela s’appelait Éditions illimitées. J’ai imprimé les premiers livres de couleurs à ce moment-là.
Après cette exposition, j’ai eu envie de développer un peu ce travail mais j’étais bloqué tout seul dans mon coin. Et puis Carole Rigaut qui s’occupe de l’espace Halle Nord est venu me trouver, elle avait bien accroché sur ce travail. Elle m’a proposé de le montrer dans un autre contexte.

Chacun des livres de cette série est unique et fait-main, peux-tu nous raconter brièvement le processus de création ? Le choix des couleurs et de la reliure ? Le processus est simple, je crée un dégradé entre deux ou trois tons et à l’issu de leurs mélanges j’interrompe l’impression. Cette dernière est calculée pour que les livres aient à chaque fois le même nombre de pages. Puis je réitère le processus avec d’autres rapports de couleurs.
Pour la série de livres de traces, l’épreuve consiste à faire perdurer/survivre la présence de trace d’encre pendant tout le temps de l’impression pour obtenir là aussi le même nombre de pages. L’idée est que chaque livre reçoit une empreinte du temps d’impression. En cela le dégradé et la trace sont ici convoqués pour leur beauté esthétique mais aussi pour montrer les étapes de l’impression, comme une empreinte photographique.
Pour relier, j’utilise les agrafes pour la légèreté qu’elles proposent. Les autres reliures (japonaises ou encollée par exemple) étaient trop luxueuses ou entravaient le rapport aérien que je veux donner à ces objets. L’agrafe est aussi un clin d’oeil au monde du fanzinat et à ses humbles moyens.

Quand considères-tu une série finie ? Une série est terminée lorsque le nombre de livres est atteint ou bien quand il n’y a plus d’encre.

Camille Abele a écrit dans un texte à propos de ton exposition à la Halle nord à Genève en mars 2014 : «La nouvelle liberté que l’oeuvre représente est aussitôt entravée par l’inflexibilité du format (Chacun des Livres Uniques mesure 19 x 24 cm, le format classique de la gravure romantique, témoin de l’essor de l’image dans le livre au XIXe siècle.), la limite des matériaux et le recours à la série ». Je trouve la référence à la gravure classique très intéressante. Penses-tu que l’on puisse voir Livres Uniques comme une suite de paysages romantiques ? Effectivement, pour les dégradés, mon inspiration trouve son origine dans les paysages de l’estampe asiatique, qui contrairement à son utilisation en Occident à la période romantique, n’a jamais viré au ringard. J’ose imaginer que cela est lié à une conception orientale de l’image et l’idée romantique que je m’en fais, On peut aussi y voir une série de paysages de lumière, dénuée d’artifices.

Y a-t-il des estampes asiatiques que tu affectionnes en particulier ? J’aime les estampes de Kuniyoshi pour leurs notions de paysages, de série et de bestiaires fantastiques et puis les incontournables que sont celles d’Hokusaï, d’Hiroshige, de Utamaro…

Il me semble que pour toi, dans la sérigraphie, l’aspect matériel et économique est important. Tu t’en sers comme d’un élément à part entière de ton travail. Liée au milieu alternatif, à Genève comme ailleurs, la dynamique est de pouvoir réaliser des choses par ses propres moyens. Cela se posait ici comme une contrainte : peu de subventions pour le projet, une échéance d’exposition dans une galerie et un autofinancement pour la réalisation.
Il y a une sorte de rage de faire dans mon approche qui tend à l’épuisement physique et mental. En cela, cette réalisation a un lien fort avec la performance mais sa présence est dans le résultat, comme un grand panoramique de cette épreuve.

Cela m’amène à évoquer ta pratique D.I.Y. qui englobe tout ton travail… Je me suis assez vite lassé du refrain conceptuel lors de mes études, préférant un développement intellectuel du travail à travers sa pratique et sa réalisation. Il m’est inconcevable aujourd’hui de faire réaliser une pièce dans un matériau que je ne maîtrise pas ou d’avoir recours à des assistants. Disons que je souhaite garder cet équilibre entre maîtrise et accidents dans mes projets.

Ces livres sont abstraits et pourtant il semble s’y dégager une narration propre au livre. Lorsque l’on tourne les pages, une action se produit, une histoire se déroule, avec un début et une fin. L’impression des supports étant illimitée (plus de 200 livres à ce jour), on imagine le récit infini. Que penses-tu de cette notion de narration ? J’aime cette idée de l’absolu, l’objet est limité par son nombre de pages, comme des fragments d’une plus grande narration, d’un processus en continu.

Une fois les livres terminés, ils sont installés sur des tables et consultables. Tu proposes au public de s’approprier ces livres en les feuilletant, en les touchant. L’accessibilité semble importante pour toi. Dès le début, destinais-tu ces livres à la consultation dans cette installation ? Oui. Qu’importe si ceux-ci ont des traces de doigts ou des taches, l’important est de proposer des artefacts uniques mais accessibles. Pour moi, il est aberrant de trop sacraliser ces objets. Moi-même amoureux du livre, je ressens une frustration dans certains musées et institutions où les objets-livres ne sont ouverts que sur une double page…

Tu sembles soucieux du contexte dans lequel tu exposes. Que t’apporte l’histoire du bâtiment dans ton processus de création ? Dans l’idée de réaliser de façon in-situ ce projet, il me semble important d’explorer l’histoire du lieu, cela peut toujours amener des pistes de travail.
L’œil du Vingtième, avant d’être une galerie, hébergeait à une certaine époque -m’a-t-on dit*- Radio Palestine. Une série de livres jaunes propose un rapport, disons, sacré à la situation géographique du territoire de la Palestine à travers les siècles ; les livres noirs, plus durs, pour parler de l’instabilité politique et du climat de violence qui règne dans la région actuellement.

Tu es aussi l’auteur de bandes dessinées expérimentales au sein du collectif Hécatombe. Peut-on rapprocher cette pratique de tes livres sérigraphiés ? Tout à fait, nos discussions avec Yannis la Macchia sont toujours très stimulantes car le point de départ d’une réflexion est toujours la bande dessinée, et où il y a narration, il y a bande dessinée. De mon côté, je ne peux pas m’empêcher de proposer des narrations dans mes objets, aussi minimalistes soit-elles.

* les deux galeristes Basile et Paul ont indiqué, qu’un jour, un homme étrange et mystérieux (et ivre) habitant dans le quartier leur avait affirmé cela.

Propos recueillis par Sammy Stein


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collection @ 15 octobre 2014 - 14 h 25 min

Festival fanzines! : Collection invite Thomas Perrodin pour l’exposition Livres Uniques



Le festival Fanzines! a déjà commencé depuis une semaine et nous n’avons pas encore trouvé le temps d’en parler. Cette année plusieurs artistes ou collectifs ont pris part au festival afin d’organiser expositions et rencontres. Collection a choisi d’inviter un jeune artiste français vivant en Suisse.

Nous sommes donc heureux de vous convier au vernissage de l’exposition Livres Uniques de Thomas Perrodin.
Outre sa pratique d’affichiste pour la scène musicale expérimentale genevoise, Thomas Perrodin s’aventure aux limites de la forme sérigraphie. Depuis plusieurs années, il développe une série de livres uniques aux couleurs dégradées dont nous aurons le plaisir de voir ici les dernières propositions.
Cette exposition est co-organisé avec la galerie L’Œil du Vingtième.

Vernissage le mardi 14 octobre de 19h à 22H (ce soir)

L’Œil du Vingtième – 24 rue de la Réunion, 75020 Paris
Métro Avron, Maraîchers

exposition du 14/10 au 2/11/14
Mer – sam : 14h30 – 19h
Dim : 10h – 14h

événement facebook

Au plaisir de vous y croiser !

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Le festival Fanzines! c’est aussi beaucoup d’autres événements. N’hésitez pas à regarder le programme.

PDF et programmation complète : ici

Nous tiendrons un stand sur le salon de la micro-édition du Festival le samedi 18 et le dimanche 19 octobre à la bibliothèque Marguerite Duras parmi une quarantaine d’éditeurs exposants.

Samedi 18 octobre – 11h/20h
Dimanche 20 octobre – 13h/19h
Médiathèque Marguerite Duras – 115 rue de Bagnolet, 75020 Paris

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collection @ 14 octobre 2014 - 8 h 05 min
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Collection est un projet de Sammy Stein, Marine Le Saout, Julien Kedryna, Vanessa Dziuba, Jean-Pierre Soares, Antoine Stevenot et Jean-Philippe Bretin
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