Samedi 22 Novembre: Collection aux Puces de L’illustration



Les puces de l’illustration réunissent depuis 2 ans ans éditeurs, jeunes artistes, revues, imprimeurs, galeries etc pour une journée à la fonderie de l’image de 10H à 19H. Ce samedi, nous y présenterons le dernier numéro de Collection, les multiples éditées par la revue, quelques publications que nous distribuons (comics de Benjamin Marra..) ainsi que nos dernières productions personnelles.

A demain!

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exposants :
3 fois par jour / Les 3 Ourses / Aline Zalko / Amandine Meyer / Amélie Carpentier / Atelier OASP / Baptiste Virot / Carnet d’ivoire / Combo / Dessins des Fesses / Editions Contrepoint / Editions FP/CF / Editions Solo ma non troppo / Elobo / Fanny Casau / Felix Meunier / French Fourch / Galerie L’attrape rêve / Geneviève Hergott / Geofffrey Dorne / Gilles Baise / Julia Spiers / L’illustre Boutique / La revue Collection / Laurindo Feliciano / Le Mégot / Le Pied de Biche / Lucy Watts / Marion Balac / Nyctalope / Orbis Pictus Club / Paris Van Print / Pia-Mélissa Laroche / Revue Citrus / Samuel Eckert / Sarah Esteje / Sourire Magazine / Super Groupe / Suprême Bon Ton / Thibault Joyeux / Thomas Danthony / Tout un Café / Violaine et Jérémy

infos: http://pucesillu.campusfonderiedelimage.org
Campus Fonderie de l’Image
01 55 82 41 41
83 avenue Gallieni
93170 Bagnolet
M° Gallieni (ligne 3)


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collection @ 21 novembre 2014 - 9 h 52 min

Mardi 11 Novembre : lancement Collection #4 à la galerie Le Huit



Bonjour,

C’est avec une immense joie que nous vous convions au lancement du quatrième numéro de Collection, le mardi 11 novembre de 16 à 23 h.

Pour ce nouvel opus, Collection s’agrandit et change complètement de forme.
Désormais au format A4 et avec 288 pages, chaque article de 32 pages comprend un long entretien bilingue français/anglais et une vingtaine de pages d’images.

Au sommaire : Pierre-Guilhem, Ronan Bouroullec, Sany, José Maria Gonzalez, Pierre La Police, Leon Sadler, Karl Nawrot, une enquête sur l’aerosolgrafia, Daniel Clowes.

Pour célébrer ce nouveau numéro, nous proposons un accrochage d’une journée avec les travaux de chacun des artistes au sommaire ainsi que tous les multiples que nous avons édité depuis la création de la revue en 2010.

Nous préparons également un cocktail spécial Cocollection #4.

Venez nombreux !

Galerie Le Huit,
8 boulevard Saint Martin, Paris 10
Métro République ou Strasbourg St-Denis

Collection sera en vente sur ici le 12 novembre et disponible en pré-commande dès aujourd’hui à la même adresse.

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collection @ 3 novembre 2014 - 12 h 16 min

Photos de Livres Uniques II et entretien avec Thomas perrodin



Hier soir avait lieu le vernissage de l’exposition Livres Unique II de Thomas Perrodin dont nous vous parlions ici.
Sous les photos, vous trouverez le texte et l’entretien que nous avons édité dans un petit livret à cette occasion. Vous trouverez aussi un texte de Paul Calori, l’un des galeristes de L’œil du vingtième ici.
Livres Unique II est une exposition du festival Fanzines! co-organisée par Collection Revue & L’œil du Vingtième. Elle sera visible jusqu’au 2 Novembre.

Infos et horaires : www.oeilduvingtieme.fr
(la galerie sera ouverte aux horaires du salon Fanzines! le week-end prochain. Elle se trouve à 5 minutes à pied de celui-ci)

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toutes les photos ci-dessus sont de Takuji Shimmura

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Nous avons rencontré Thomas Perrodin au festival Monstre à Genève en 2011. Il nous avait fait visiter l’atelier qu’il partageait avec d’autres sérigraphes à L’Usine, lieu alternatif pluridisciplinaire. Nous y avions vu son travail d’édition, ses recherches de couleurs, ses grands formats et l’environnement dans lequel il évoluait.
Thomas Perrodin dessine et imprime des affiches de concerts pour la scène musicale expérimentale internationale. Sa pratique l’amène à s’aventurer aux limites de la technique sérigraphique. Ses affiches, loin des clichés du genre, prennent des formes singulières. Il dessine généralement directement sur l’écran sérigraphique, utilisant parfois la pression du jet d’eau de son kärcher pour tracer des formes abstraites. Il imprime des dégradés, prenant en référence les estampes japonaises ; il utilise des couleurs cuivrées, des noirs profonds, propose des compositions minimalistes.
Depuis plusieurs années, il développe une série de livres uniques dont les seuls motifs imprimés sont des dégradés de couleurs. Lorsqu’on les ouvre, des paysages silencieux évoluent lentement d’un ton vers un autre. Posés en série sur des tables, ceux-ci deviennent des installations, des sculptures.
En examinant ce travail muet, on y perçoit en creux des questionnements à propos du livre d’artiste et de sa fabrication, de son impression, de l’épuisement de la couleur, de la définition d’une narration ou celle d’un paysage…
Ces multiples angles de recherches nous ont amenés à converser avec Thomas.

Quand et comment as-tu commencé à t’intéresser à la pratique de la sérigraphie ?
En 2007, en dernière année aux Beaux Arts d’Angoulême, je travaillais principalement sur ordinateur et je ressentais le besoin de mettre les mains dans un médium plus concret.

Ton utilisation de cette pratique est assez expérimentale, parfois tu peins directement sur l’écran sérigraphique.
Oui, il m’arrive de peindre avec du bouche-pores (un produit utilisé pour la correction des éléments indésirables avant l’impression). Je peins donc ce qui sera bouché, en négatif. J’utilise aussi le jet d’eau à haute pression pour arracher l’émulsion photosensible, il m’arrive aussi d’ouvrir des zones au dégraveur ou de travailler avec du scotch.

Tu réalises beaucoup d’affiches pour des concerts à Genève. Il me semble que tu te sers de tes expérimentations formelles pour perfectionner ton travail d’affichiste. Comment allies-tu ces deux faces de ta pratique ?
Elles sont intrinsèquement liées. Je réalise beaucoup d’affiches pour le domaine musical dont une bonne partie pour la scène expérimentale. Ce domaine ne possédant que peu ou pas de codes visuels dit populaires, a contrario du rock, ces affiches m’offrent un intéressant parallèle entre la recherche en musique et celle que j’effectue à travers la sérigraphie. Lorsque l’on parle d’improvisation, de murs de sons, d’électro-acoustique, de musiques dites bruitistes, j’y vois des liens évidents.
Tous les artistes pour lesquels j’ai réalisé des affiches sont une source d’inspiration. Lorsque je travaille sur une affiche, j’écoute les disques du groupe, je lis des biographies et des interviews et je regarde l’univers graphique élaboré autour de sa pratique si ce dernier existe.

Comment as-tu commencé à travailler sur les Livres Uniques ? J’ai débuté cette série à la suite d’une exposition collective organisée par Yannis la Macchia (fondateur et auteur chez Hécatombe, un collectif suisse) au festival Monstre il y a quelques années. Il avait demandé à une douzaine d’artistes de faire une édition unique, cela s’appelait Éditions illimitées. J’ai imprimé les premiers livres de couleurs à ce moment-là.
Après cette exposition, j’ai eu envie de développer un peu ce travail mais j’étais bloqué tout seul dans mon coin. Et puis Carole Rigaut qui s’occupe de l’espace Halle Nord est venu me trouver, elle avait bien accroché sur ce travail. Elle m’a proposé de le montrer dans un autre contexte.

Chacun des livres de cette série est unique et fait-main, peux-tu nous raconter brièvement le processus de création ? Le choix des couleurs et de la reliure ? Le processus est simple, je crée un dégradé entre deux ou trois tons et à l’issu de leurs mélanges j’interrompe l’impression. Cette dernière est calculée pour que les livres aient à chaque fois le même nombre de pages. Puis je réitère le processus avec d’autres rapports de couleurs.
Pour la série de livres de traces, l’épreuve consiste à faire perdurer/survivre la présence de trace d’encre pendant tout le temps de l’impression pour obtenir là aussi le même nombre de pages. L’idée est que chaque livre reçoit une empreinte du temps d’impression. En cela le dégradé et la trace sont ici convoqués pour leur beauté esthétique mais aussi pour montrer les étapes de l’impression, comme une empreinte photographique.
Pour relier, j’utilise les agrafes pour la légèreté qu’elles proposent. Les autres reliures (japonaises ou encollée par exemple) étaient trop luxueuses ou entravaient le rapport aérien que je veux donner à ces objets. L’agrafe est aussi un clin d’oeil au monde du fanzinat et à ses humbles moyens.

Quand considères-tu une série finie ? Une série est terminée lorsque le nombre de livres est atteint ou bien quand il n’y a plus d’encre.

Camille Abele a écrit dans un texte à propos de ton exposition à la Halle nord à Genève en mars 2014 : «La nouvelle liberté que l’oeuvre représente est aussitôt entravée par l’inflexibilité du format (Chacun des Livres Uniques mesure 19 x 24 cm, le format classique de la gravure romantique, témoin de l’essor de l’image dans le livre au XIXe siècle.), la limite des matériaux et le recours à la série ». Je trouve la référence à la gravure classique très intéressante. Penses-tu que l’on puisse voir Livres Uniques comme une suite de paysages romantiques ? Effectivement, pour les dégradés, mon inspiration trouve son origine dans les paysages de l’estampe asiatique, qui contrairement à son utilisation en Occident à la période romantique, n’a jamais viré au ringard. J’ose imaginer que cela est lié à une conception orientale de l’image et l’idée romantique que je m’en fais, On peut aussi y voir une série de paysages de lumière, dénuée d’artifices.

Y a-t-il des estampes asiatiques que tu affectionnes en particulier ? J’aime les estampes de Kuniyoshi pour leurs notions de paysages, de série et de bestiaires fantastiques et puis les incontournables que sont celles d’Hokusaï, d’Hiroshige, de Utamaro…

Il me semble que pour toi, dans la sérigraphie, l’aspect matériel et économique est important. Tu t’en sers comme d’un élément à part entière de ton travail. Liée au milieu alternatif, à Genève comme ailleurs, la dynamique est de pouvoir réaliser des choses par ses propres moyens. Cela se posait ici comme une contrainte : peu de subventions pour le projet, une échéance d’exposition dans une galerie et un autofinancement pour la réalisation.
Il y a une sorte de rage de faire dans mon approche qui tend à l’épuisement physique et mental. En cela, cette réalisation a un lien fort avec la performance mais sa présence est dans le résultat, comme un grand panoramique de cette épreuve.

Cela m’amène à évoquer ta pratique D.I.Y. qui englobe tout ton travail… Je me suis assez vite lassé du refrain conceptuel lors de mes études, préférant un développement intellectuel du travail à travers sa pratique et sa réalisation. Il m’est inconcevable aujourd’hui de faire réaliser une pièce dans un matériau que je ne maîtrise pas ou d’avoir recours à des assistants. Disons que je souhaite garder cet équilibre entre maîtrise et accidents dans mes projets.

Ces livres sont abstraits et pourtant il semble s’y dégager une narration propre au livre. Lorsque l’on tourne les pages, une action se produit, une histoire se déroule, avec un début et une fin. L’impression des supports étant illimitée (plus de 200 livres à ce jour), on imagine le récit infini. Que penses-tu de cette notion de narration ? J’aime cette idée de l’absolu, l’objet est limité par son nombre de pages, comme des fragments d’une plus grande narration, d’un processus en continu.

Une fois les livres terminés, ils sont installés sur des tables et consultables. Tu proposes au public de s’approprier ces livres en les feuilletant, en les touchant. L’accessibilité semble importante pour toi. Dès le début, destinais-tu ces livres à la consultation dans cette installation ? Oui. Qu’importe si ceux-ci ont des traces de doigts ou des taches, l’important est de proposer des artefacts uniques mais accessibles. Pour moi, il est aberrant de trop sacraliser ces objets. Moi-même amoureux du livre, je ressens une frustration dans certains musées et institutions où les objets-livres ne sont ouverts que sur une double page…

Tu sembles soucieux du contexte dans lequel tu exposes. Que t’apporte l’histoire du bâtiment dans ton processus de création ? Dans l’idée de réaliser de façon in-situ ce projet, il me semble important d’explorer l’histoire du lieu, cela peut toujours amener des pistes de travail.
L’œil du Vingtième, avant d’être une galerie, hébergeait à une certaine époque -m’a-t-on dit*- Radio Palestine. Une série de livres jaunes propose un rapport, disons, sacré à la situation géographique du territoire de la Palestine à travers les siècles ; les livres noirs, plus durs, pour parler de l’instabilité politique et du climat de violence qui règne dans la région actuellement.

Tu es aussi l’auteur de bandes dessinées expérimentales au sein du collectif Hécatombe. Peut-on rapprocher cette pratique de tes livres sérigraphiés ? Tout à fait, nos discussions avec Yannis la Macchia sont toujours très stimulantes car le point de départ d’une réflexion est toujours la bande dessinée, et où il y a narration, il y a bande dessinée. De mon côté, je ne peux pas m’empêcher de proposer des narrations dans mes objets, aussi minimalistes soit-elles.

* les deux galeristes Basile et Paul ont indiqué, qu’un jour, un homme étrange et mystérieux (et ivre) habitant dans le quartier leur avait affirmé cela.

Propos recueillis par Sammy Stein


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collection @ 15 octobre 2014 - 14 h 25 min

Festival fanzines! : Collection invite Thomas Perrodin pour l’exposition Livres Uniques



Le festival Fanzines! a déjà commencé depuis une semaine et nous n’avons pas encore trouvé le temps d’en parler. Cette année plusieurs artistes ou collectifs ont pris part au festival afin d’organiser expositions et rencontres. Collection a choisi d’inviter un jeune artiste français vivant en Suisse.

Nous sommes donc heureux de vous convier au vernissage de l’exposition Livres Uniques de Thomas Perrodin.
Outre sa pratique d’affichiste pour la scène musicale expérimentale genevoise, Thomas Perrodin s’aventure aux limites de la forme sérigraphie. Depuis plusieurs années, il développe une série de livres uniques aux couleurs dégradées dont nous aurons le plaisir de voir ici les dernières propositions.
Cette exposition est co-organisé avec la galerie L’Œil du Vingtième.

Vernissage le mardi 14 octobre de 19h à 22H (ce soir)

L’Œil du Vingtième – 24 rue de la Réunion, 75020 Paris
Métro Avron, Maraîchers

exposition du 14/10 au 2/11/14
Mer – sam : 14h30 – 19h
Dim : 10h – 14h

événement facebook

Au plaisir de vous y croiser !

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Le festival Fanzines! c’est aussi beaucoup d’autres événements. N’hésitez pas à regarder le programme.

PDF et programmation complète : ici

Nous tiendrons un stand sur le salon de la micro-édition du Festival le samedi 18 et le dimanche 19 octobre à la bibliothèque Marguerite Duras parmi une quarantaine d’éditeurs exposants.

Samedi 18 octobre – 11h/20h
Dimanche 20 octobre – 13h/19h
Médiathèque Marguerite Duras – 115 rue de Bagnolet, 75020 Paris

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collection @ 14 octobre 2014 - 8 h 05 min

Marion Balac – Aujourd’hui est le jour où tu rejoins tes semblables



Le lancement du nouveau livre de Marion Balac, Aujourd’hui est le jour où tu rejoins tes semblables, aura lieu ce jeudi 9 octobre à 18H30 à la librairie Le Monte-en-l’Air.

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Cela fait plus de deux ans que Marion Balac travaille sur cette série de dessins au crayon, paysages de jungles luxuriantes dans lesquelles évoluent de mystérieuses formes blanches nées de réserves dans le papier.
Dans son travail, Marion Balac semble vouloir depuis quelques années faire disparaître la figure humaine au profit du paysage.
Ici, c’est principalement par la voix intérieure du narrateur que l’on comprend ses questionnements et que l’on devine son errance.
La couverture du livre est quasiment opaque, à l’image des mystères qui peuplent cette forêt. Les espaces négatifs se déployant entre les branchages trouvent un écho en creux sous forme de gaufrage, donnant à cette édition un aspect particulièrement soigné.

​Venez nombreux jeudi 9 octobre découvrir cet ouvrage.​
Marion Balac, Aujourd’hui est le jour où tu rejoins tes semblables, Super Loto Éditions.
Lancement Jeudi 9 octobre à 18H30
à la librairie Le Monte-en-l’Air
2 rue de la Mare
75020 Paris

Event Facebook

 


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collection @ 7 octobre 2014 - 9 h 27 min

Lasse & Russe / Quelques questions à propos de son dernier livre Upper Mantle



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Contrairement à ce que son pseudo laisse entendre, Lasse & Russe, n’est qu’une seule et même personne. Jeune illustrateur et auteur dont nous parlions ici est , il vient de sortir Upper Mantle, chez SSE, un éditeur coréen basé à Séoul. Dans ce récit totalement muet aux couleurs délavées, on suit la journée d’un dealer masqué dans un monde parallèle et néanmoins contemporain. À la lecture, on se retrouve en train de flotter dans un film noir teinté de psychédélisme mélancolique. Et pourtant, le grotesque des personnages et des situations nous plongent dans un récit surréaliste et par moment drôle.

D’où vient le titre de ton dernier livre ?
C’est un terme géologique, l’upper mantle est la partie supérieure de la couche intermédiaire située entre le noyau planétaire et la croûte terrestre. Je ne l’ai pas vraiment choisi par intérêt pour la géologie mais parce que je suis fasciné par les grands espaces vides, cette sensation vertigineuse qu’on peut avoir en marchant dans une friche industrielle ou face à un site naturel immense… Je collectionne les images de cataclysmes type tremblement de terre, tornade et compagnie. Le terme « upper » est aussi lié aux drogues (uppers and downers, les excitants et les calmants), parce que le personnage principal passe son temps à gober des pilules, boire et fumer des joints.

À propos de drogue, une grosse partie de l’histoire y est liée — notamment les « fenêtres » d’hallucinations. Au-delà de la possibilité de développer des représentations hallucinogènes, on sent que tu t’intéresses à tous les aspects du produit: rituel, marchandisation, inventaires… Est-ce le cas? C’est une thématique qui t’est chère pour ce qu’elle a de souterrain, d’interdit ?
Oui, tout à fait, c’est peut-être lié à une écoute trop intensive de disques de rap. Mais toute la culture autour des drogues me fascine… D’abord la France est un des plus gros consommateurs mondiaux d’anxiolytiques, ça fait un paquet de drogués « légaux », et sans être spécialiste ni consommateur je pense que c’est une question hyper intéressante. Même les histoires de marché noir sur le dark web, les cartels, le panel infini de drogues et de modes de consommation, c’est fascinant. Quand j’étais étudiant aux beaux-arts d’Amsterdam j’ai travaillé pendant un moment pour un smart shop qui vendait tout un tas d’accessoires et de champignons, ça me passionnait pas mal, même si je sais que c’est vraiment pas fait pour moi.
En fait ce sont tous les angles un peu étranges d’approche du monde qui m’intéressent, autant celles des religieux intégristes que des psychotiques ou des passionnés d’insectes naturalisés. Je pense qu’on est dans une période où malgré le fait que les médias diffusent des choses de plus en plus extrêmes, on revient à un conformisme général assez inquiétant dans plein de domaines, et du coup la question de perceptions des choses vraiment différentes et radicalement opposées est intrigante.

Tes deux derniers zines étaient construits sur une narration éclatée, un cut-up que tu pouvais modifier selon les parutions (dans des ouvrages personnels, collectifs ou en affiche). Cette fois la narration est plus classique, bien que jalonnée d’images abstraites, de motifs, qui prennent de plus en plus de place au fur et à mesure que l’histoire progresse. Comment t’y prends-tu pour composer tes planches et faire avancer le récit?
Pour ce projet-ci j’ai noté un tas d’idées de motifs, de structures de cases et d’éléments narratifs sur des bouts de papier volant, mais vraiment en vrac, et j’ai collectionné des milliers d’images issues de vieux livres, de films et d’internet, et ensuite j’ai organisé le tout de manière à ce que ce soit cohérent, du moins à mes yeux, avec un pré-découpage puis une sorte de storyboard grossièrement dessiné. Je travaille souvent à partir de combinaisons d’images existantes que je redessine en les simplifiant à l’extrême. Par contre, les parties abstraites c’est de l’improvisation , comme des doodles faits au téléphone.
En ce qui concerne les précédents, j’ai conçu mon premier zine « Roald » sur un  format assez inhabituel et sans savoir qui allait l’éditer, et comme personne n’en voulait tel quel, j’ai dû le découper en morceaux et le recomposer pour l’adapter au format des collections de 3 éditeurs différents. Alors même si je suis super content des zines en question, Roald faisait sens pour moi tel qu’il existait au départ et ça me fendait un peu le cœur de devoir le séquencer.


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Tous tes récits sont muets, tu n’envisages jamais de voix, quelles soient intérieures, en forme de dialogue ou de commentaire ?
Pas sous forme de dialogue non, j’ai l’impression que c’est déjà donner trop d’informations, j’aime bien que le dessin parle de lui même. Par contre j’aimerais bien faire quelque chose avec du texte, mais intégré au dessin d’une manière spéciale, je n’aime pas trop l’aspect des phylactères, « bulles » classiques, sauf quand ils sont vraiment maladroits.

On sent une influence cinématographique dans certains plans. Certains  genres ont l’air de t’intéresser : films de SF, polars, films de vengeance…
Oui, en fait la plupart des compositions des cases sont inspirées de captures d’écran de films, je suis assez nul en compo donc ça m’est très utile. Ensuite j’ai utilisé des captures provenant de centaines de films qui n’appartiennent pas forcément aux genres que tu cites, ça va d’Antonioni à Paul Thomas Anderson en passant par des gros navets comme « Days of Thunder »…

Tu réussis le pari d’un pur plaisir graphique pour le lecteur, allié à une narration libre et pourtant captivante. Qu’est ce qui t’intéresse au fond, dans le médium bande dessinée ?
Merci. C’est la temporalité je crois, le fait que le lecteur se trouve plongé dans un récit pendant un certain moment, qu’il s’en imprègne. Plus vicieusement, ce qui m’intéresse c’est que la majorité de ce qui se présente comme une suite de cases dans des pages avec des personnages récurrents a un sens et une continuité. J’aimerais que le lecteur se sente obligé avec mes zines d’interpréter lui-même le sens de certaines ellipses ou d’éléments énigmatiques, en fonction de son histoire personnelle… Il y a des gens qui entrent à fond dans le jeu et d’autres qui font un rejet complet mais je trouve ça amusant.

Je crois savoir que tu réalises pas mal de pochettes d’albums. Peux-tu nous en parler un peu ?
En fait j’ai grandi avec et je suis toujours entouré de gens qui collectionnent des disques donc ça s’est fait assez naturellement. Quand j’ai eu 20 ans j’ai fait ma première pochette de disque professionnellement, pressée pour mon cousin qui avait un micro-label de rap indépendant (et qui s’occupe aujourd’hui du label de rock psyché Six Ton Armor), et via le bouche à oreille j’ai commencé à en faire pas mal pour des labels américains et canadiens, puis pour des gens d’un peu tous les pays. J’ai travaillé un moment pour le label de musique électronique Plug Research. Et, oui, j’en suis un gros consommateur, tous styles confondus.

Quels sont tes prochains projets ?
Je viens de boucler une affiche pour le prochain documentaire d’Emilie Sciarli, je travaille sur la pochette d’un disque de rap, je vais aussi coloriser les planches originales d’Upper Mantle (qui font 50×65 cm) et chercher des endroits où les exposer. Je suis aussi à la recherche d’un éditeur pour un livre pour enfant en anglais que j’ai débuté avec ma copine (qui en plus d’être ma copine est un auteur talentueux), et j’ai commencé des recherches pour un nouveau zine solo, avec du texte cette fois.

Aimerais-tu faire un long récit en bande dessinée ?
Oui, vraiment, j’aimerais beaucoup faire quelque chose dans la veine de Roald ou Upper Mantle, mais qui ferait 100 à 300 pages, un truc complètement kafkaïen, d’où on ne pourrait pas sortir, mais il me faudrait une avance pour ça, déjà la production de celui-ci m’a pris 4 mois à temps plein. Avis aux mécènes potentiels, hehe.

Qu’as-tu lu ou vu récemment d’intéressant ?
J’ai vu Under the skin et Birth de Jonathan Glazer, très chouettes. Sinon on m’a offert le livre « Nox » d’Anne Carson qui est très beau et « Love from the shadows » de Gilbert Hernandez qui n’est pas exactement très beau mais qui est drôle et mystérieux. Les gens de SSE Project m’ont envoyé le zine « Assorted rubble » de Matt Lock qui est super aussi.

propos recueillis par Sammy Stein

Commander Upper Mantle: http://yp21c.com/sse/shop.html

le site de Lasse & Russe: lazpit.com

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collection @ 1 octobre 2014 - 9 h 40 min

Alexis Beauclair répond à quelques questions sur son dernier livre: Photon



Le nouveau livre d’Alexis Beauclair est un curieux objet. Proposant une plongée dans un appareil scientifique (longue vue ? microscope ? télescope ?), Photon est selon l’auteur une « bande dessinée dont le lecteur est la lumière ». Ici, point de héros, de narration, d’action, rien. Et pourtant, à chaque page, à chaque case, il se passe quelque chose. Le lecteur avance progressivement au cœur de la matière et peut, en retournant le livre, relire le récit à l’envers à l’infini –palindrome graphique. Alors que l’ouvrage est de nouveau disponible (Alexis vient de le réimprimer), nous lui avons posé quelques questions.

L’œil du lecteur ne suit pas un personnage ou une action mais passe simplement au travers de différentes lentilles d’un mystérieux appareil, une sorte de longue vue.  Tu fais entrer l’œil du lecteur au cœur des matériaux, traversant différentes surfaces. Comment t’est venu l’idée de cette bande dessinée ? Ce sont ces matières, rarement dessinées qui t’ont intéressé ?
Mon idée de départ était de faire une bande dessinée à vue subjective très épurée, où seul le lecteur avançait dans un couloir. J’avais envie d’isoler ce mouvement.
Je suis fasciné par les possibilités qu’offre la bande dessinée pour faire imaginer des mouvements au lecteur, simplement avec une construction de répétitions et de variations.
Le mouvement imaginé est riche car l’imagination puise dans la mémoire du corps du lecteur.
Lorsque j’ai commencé à dessiner, j’ai imaginé un espace plus complexe qu’un couloir, afin de donner cette impression de mouvement. Je devais concevoir différents espaces ou éléments bien distincts qui étaient propices à la représentation de leur traversée.
J’ai d’abord pensé à des espaces en 3 dimensions, puis j’ai eu l’idée des plans à 2 dimensions, des sortes de filtres optiques ou des trames d’impression.
J’aime la sensation d’échelle que cela donne, on pourrait être un humain parcourant un couloir, mais on passe par un trou de souris, puis on est si minuscule que l’on traverse la matière !
Ensuite m’est venue l’idée de représenter le parcours/dispositif complet en couverture.
Cela a naturellement formé un instrument optique absurde, dans lequel notre œil pourrait se projeter à travers l’appareil ! Et j’ai intégré l’œil au dispositif, faisant partie intégrante de l’instrument optique permettant la perception de la lumière.

Il y a un coté manuel scientifique dans ce livre, avec le schéma en couverture, les gros plans, le spectre lumineux -qui arrive sur la double page centrale et disparait. T’es tu servi de documentations, ou bien des réminiscences des livres de physique t’ont inspiré ces dessins ?
Pour moi, la science est simplement un moyen de décrire le monde, autant que l’art, la philosophie, la religion, etc.
Et si l’on prend du recul on peut même y voir un moyen de décrire la manière dont l’humain voit le monde.
On peut se dire que la science est une forme de poésie inconsciente, son langage, ses images, schémas, ont des qualités plastiques.
J’ai aussi pensé à un livre de Brevets insolites que l’on m’avait prêté, dans lequel on voit des brevets qui ont réellement été déposé, complètement loufoques, avec des descriptions très sérieuses. Ces « inventeurs » pensaient sincèrement améliorer les conditions de vie de l’humanité.
Cette envie d’inventer, de bricoler, de créer des systèmes (et de les communiquer/représenter le plus clairement possible) je trouve ça très touchant.

Une fois PHOTON, lu dans un sens, on peut le retourner et se replonger dans l’action à l’envers.  Sur la couverture est écrit : « bande dessinée dont le lecteur est la lumière ». Nous ne sommes pas loin du « livre dont vous êtes le héros » mais sans choix. Et d’un autre coté, le fait de retourner le livre crée une action du lecteur, un engagement physique. Tu voulais changer les habitudes de lecture ?
Comme mes images étaient symétriques, le fait de retourner le livre ne les modifiait pas.
C’est seulement à la fin du projet que je me suis aperçu que l’on pouvait faire marche arrière en inversant ainsi l’ordre des cases.
J’adore ce genre de coïncidence, quand les choses se bouclent, ou crée un miroir, un cycle, ça touche à l’infini !

propos recueillis par Sammy Stein

commander PHOTON ici

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collection @ 19 septembre 2014 - 7 h 43 min

Des nouvelles : Collection numéro #4 + salons + expositions + publications…



Bonjour,

Quelques nouvelles de rentrée. Cet été, nous avons travaillé sur le prochain numéro de la revue qui sortira fin octobre. L’année dernière, à la même période le soleil écrasant avait fait fondre les ordinateurs. Les feuilles emplies de précieuses notes s’étaient envolées et les mines des critériums brisées, retardant de presque un an la sortie du quatrième numéro. Heureusement, tout est réparé, nous sommes en plein bouclage et comme dit l’adage: la fin n’a jamais été si proche. Collection #4 sera composé de 9 entretiens de 32 pages chacun, dans un nouveau format.

Parallèlement, nous préparons une exposition de Thomas Perrodin autour de ses livres uniques pour le Festival Fanzines! qui se tiendra début octobre. Thomas Perrodin est un jeune artiste français résidant en Suisse travaillant autour de l’affiche et de l’édition de livres sérigraphiés.

Avant ça, le week-end prochain (12,13, 14 septembre), un émissaire de la revue sera envoyé, via un train rapide, en Belgique pour le festival Culture Maison à Bruxelles.

On note aussi la participation de Vanessa Dziuba et Jean-Philippe Bretin à l’exposition Du Nuage aux contours de roches à la galerie Louise au Pré-Saint-Gervais à partir du 20 septembre  en partenariat avec le site de vente de dessin ledessincontemporain.fr (une proposition de Sophie Gaucher avec Anne Touquet, Claire Chauvel, Sophie Gaucher, Jean-Philippe Bretin, Vanessa Dziuba, Amandine Meyer, Juliette Vivier).

Enfin, une nouvelle publication de Sammy Stein, Fireworks, voit le jour, imprimée chez Papier Machine — qui vient au passage de mettre ses archives en ligne sur un tumblr dédié.

À très vite.

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exposition Livres Uniques de Thomas Perrodin à Genève
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Culture Maison en 2013
infos ici: www.culturesmaison.be

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dessin de jean-Philippe Bretin
Du Nuage aux contours de roches
Galerie Louise – 4 place Séverine, 93310 le Pré Saint Gervais (métro Porte des Lilas)
Vernissage samedi 20 novembre à partir de 16h
infos ici

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Fireworks

100 exemplaires
Riso 5 couleurs
Disponible ici : www.sammystein.fr/publications/fireworks


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collection @ 9 septembre 2014 - 11 h 37 min

Julien Rosa — Harde Klontjes



À partir du 22 août, Julien Rosa (dont nous parlions précédemment ICI) présente sa première exposition personnelle à la galerie Providence, à Guéthary (pays basque). L’occasion de découvrir en vrai les deux nouvelles séries de dessins, Les Parties Intimes de mon Général, aquarelle et spray sur papier de 24 x 32 cm, Harde Klontjes, même techniques et même dimensions, ainsi qu’une série de volumes en argile du même titre.

 

 

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julienrosa.tumblr.com

www.providenceguethary.com


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collection @ 20 août 2014 - 11 h 10 min

un mercredi 2 juillet à Paris



Ce mercredi soir, premier événément fondateur pour le festival Fanzines! 2014 avec une vente de dessins qui servira à financer les nombreuses expositions et actions prévues pour le mois d’octobre. La soirée sera à l’image de ce que sera certainement le festival : varié, pointu et convivial.
Plus de 100 artistes ont offert un dessin qui sera mis en vente pour 10 euros, on pourra aussi boire et manger.

Mercredi 2 juillet, dès 18h00,
Chez l’Articho 28, rue des Trois Bornes – Paris 11e
https://www.facebook.com/fanzinesfestival

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Au même moment la galerie Lazer Quest ouvre les portes de son nouvel espace :

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Lazer Quest – La Gare XP
20 bis rue de Reuilly 75012 Paris
M° Reuilly Diderot ou Faidherbe Chaligny

http://lazerquestgalerie.tumblr.com/


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collection @ 1 juillet 2014 - 22 h 51 min
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Collection est un projet de Sammy Stein, Marine Le Saout, Julien Kedryna, Vanessa Dziuba, Jean-Pierre Soares, Antoine Stevenot et Jean-Philippe Bretin
Proudly designed by Jean André | (c) 2014 COLLECTION