Ludovic Boulard Le Fur nous a envoyé une abondante sélection de photographies de son installation Brûle Monsieur Carnaval. Elle figurait dans l’exposition « le désemploi du temps » à l’atelier de la Cour Carrée de Pontault-Combault (77).
Débarrassés de leurs couleurs vives et gravés directement dans le bois, les dessins de Ludovic Boulard Le Fur évoquent des temps antédiluviens, des peintures rupestres tracées par des fantômes, des objets de cultes anciens creusés dans l’écorce originelle…
Le tout semble rangé et installé dans le chalet en feu d’un anthropologue solitaire. Ne manque plus que l’odeur féroce du bois calciné. Quant à ses bandes dessinées -sans scénarios précis, à la limite de l’abstraction- elles insufflent au cœur de son travail des récits de légendes oubliées.
Ludovic présente ainsi la pièce :
Ils sont vagabonds, pèlerins, chardons, épouvantails, magiciens, feux follets, chevaliers. Impalpables et pourtant surprésents, ils naviguent entre les bâteaux pirates, les ranchs fantômes et les îles incendiées. Les mulots attrapés par les rapaces dégustent les mauvaises herbes surpeuplant le territoire indigène en jachère. Un sac de jute empaillé. Atelier refuge de construction et de destruction, radeau à la dérive, investit par les corbeaux, le bois est entassé pour brûler le village abandonné. La capuche couverte de sciure, la besace au clou, le baluchon est prêt.
Parade surmenée, flambeaux aux portiques de la cabanne, la charette tombe en ruine. Couvert de haillons, son chapeau cachant ses yeux, il débarque sur le territoire des damnés.



























Rebus et chutes de bois d’anciens travaux laissés à l’abandon dans l’atelier puis peints et gravés. Dimensions variables.
Acrylique sur toile et sur mur. 2013
www.flickr.com/photos/loubard
-
collection @ 26 avril 2013 - 9 h 01 min