Quelques questions à Jeremy Perrodeau à propos d’Isles, La Grande Odyssée



Sortie il y a quelques jours aux éditions FP & CF, Isles, La Grande Odyssée est la première bande dessinée de Jeremy Perrodeau. Après un lancement réussi où Jeremy a dédicacé pendant plus de 3 heures, nous lui avons posé quelques questions.

« Jeremy Perrodeau (1988) est dessinateur, graphiste et typographe. Agissant auparavant sous divers pseudonymes, Jeremy signe depuis sous son propre patronyme et dévoile un trait nouveau, différent.
Plus qu’une simple bd, le lecteur est invité à suivre sur plus de 220 pages les péripéties de trois protagonistes qui, après avoir débarqué ensemble sur une plage déserte, suivent chacun une route différente, ponctuée de nombreux obstacles et de rencontres incongrues, parfois dangereuses.

Inspiré par les classiques d’aventures insulaires, le récit se fait graphique et plonge le lecteur dans une véritable quête de sens et d’aventures. Sur fond d’exploration tropicale et à la manière d’un Yokoyama ou d’un Joe Daly, la narration est rythmée, soutenue, ponctuée d’actions.
Une aventure graphique intense, dont l’histoire progresse par niveaux comme dans un jeu vidéo, et où le lecteur incarne tour à tour l’un des trois personnages du livre, fuyant ou donnant la mort à chaque coin de palmier »

texte des éditions FP & CF

Jeremy, ça fait maintenant quelques années que l’on a pas vu de nouveaux dessins, et tu arrives avec une bande dessinée — ta première il me semble — qui fait plus de 200 pages. Qu’est ce qui t’a donné envie de te lancer dans ce projet sans passer par des projets plus modestes?

À vrai dire, je me suis un peu laissé déborder par mes études en design graphique. Cela m’occupait pas mal l’esprit, j’avais moins de temps pour le dessin et je faisais une sorte de blocage. Étrangement, une fois mon diplôme fini, l’envie et le besoin de dessiner sont revenus assez rapidement. Je m’y suis remis mais je ne savais pas trop vers où aller, je crois que j’avais besoin d’un projet auquel m’accrocher. J’avais un peu abordé la narration dans des projets antérieurs sans vraiment approfondir, c’était une expérience qui m’avait plu. La bande dessinée me semblait être une suite logique. Du coup j’ai commencé directement, avec la première case, sans vraiment savoir où ça allait me mener. Tout s’est construit au fur et à mesure, il y avait quelque chose d’assez excitant à travailler de manière empirique, d’amener les personnages toujours un peu plus loin. Une idée en amenait une autre, et ainsi de suite. En n’écrivant pas de dialogues, je n’avais pas trop de latence entre la construction de l’histoire et la réalisation des planches. Tout ça a fait qu’il était un peu dur de s’arrêter.

Yokoyama, Lost, Jules Verne, la littérature insulaire, comment ces références sont-elle visible dans Isles? As-tu cherché à t’en détacher par moment ?

Au moment où je me suis lancé là dedans, j’étais en pleine fascination pour les « îles », comme j’avais pu l’être avec la montagne auparavant. J’essayais de lire tout ce que je pouvais sur le sujet, je regardais pour la deuxième fois Lost, je me nourrissais d’images, etc. Ça m’obsédait, c’était de ça que j’avais envie de parler. Parallèlement au travail sur la bd, j’ai continué à lire tous les romans et récits d’expédition que je pouvais trouver. En croisant les références, il y a un certain nombre de thématiques et de situations qui reviennent. J’avais envie de traiter ces classiques voir comment on pouvait les interpréter et jouer avec. Outre quelques clins d’œil, c’est donc plutôt dans la trame générale de l’histoire que l’on retrouve ces références « insulaires ».
Le point de vue centré sur des personnages explorateurs me ramenaient au travail de Yokoyama ou ce qu’a pu faire Joe Daly. J’ai souhaité ne pas consulter leurs livres pendant que je travaillais sur ce projet. Je voulais n’en garder qu’un souvenir déformé par la perception que j’en avais. C’était une manière de se protéger d’une influence trop importante mais surtout pour éviter de rentrer dans des comparaisons, ce qui aurait été contre-productif.

Tu es également, et surtout, designer graphique, tu conçois régulièrement des livres, comment as-tu envisagé le tien?

Mon travail me permet sans doute d’avoir une vision plus précise des solutions techniques, et de pouvoir matérialiser des envies que je pouvais avoir par rapport au futur objet. Mais je savais qu’en travaillant avec les éditions FP&CF, ce serait une réflexion que l’on ferait ensemble. Je n’avais pas à forcement tout essayer d’envisager, mais de lâcher prise et me laisser surprendre par leurs propositions. C’est un travail qui s’est véritablement élaboré avec Maxime et Claire [des éditions FP&CF, ndlr], et il s’est avéré qu’on avait des envies similaires, cela a été assez naturel. On souhaitait garder une légèreté dans l’objet, une souplesse. Être plus proche du roman ou manga, qu’un album de bd traditionnel, faire référence au récit d’aventure également avec la typographie. Il s’agissait aussi de rester assez proche de l’esprit des originaux: des formats A5 découpés dans des ZAP Book.

Livre imprimé en noir offset sur Classig 80g et Popset Tournesol 170g
Édition de 400 exemplaires – 228 pages – 160 x 230 mm

http://www.editionsfpcf.com/books/jeremy-perrodeau/


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collection @ 25 décembre 2013 - 11 h 36 min
  1. Merci Collection !

    Comment by Maxime — 25 décembre 2013 @ 25 décembre 2013 - 17 h 31 min
  2. Préssé de lire ça!

    Comment by Baptiste Virot — 25 décembre 2013 @ 25 décembre 2013 - 19 h 29 min
  3. chouette

    Comment by Hugo Ruyant — 2 janvier 2014 @ 2 janvier 2014 - 12 h 11 min

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