On a loupé le vernissage mais l’exposition dure jusqu’au 30 mars.
VISAGES : Une exposition collective et une publication dirigées par Joseph Ghosn (qui avait collaboré aux deux premiers numéros de Collection en livrant des entretiens avec Charles Burns & Gary Panter)
Avec les dessins de Charles Berberian, Theo Ellsworth, Charles Burns, Philippe Dupuy, Sammy Harkham, Frédéric Fleury, Blutch, Frédérique Rusch, Paul Hornschemeier, Caroline Andrieu, Nine Antico, Serge Clerc, Frédéric Poincelet, Antoine Marquis, Julien Carreyn, Emmanuelle Pidoux, Fanny Michaëlis, Ludovic Debeurme, Michael Deforge.

« On ne regarde jamais assez les visages dessinés, les figures qui traversent une case, une page et les regards qui les habitent. La bande dessinée, pourtant, est un art de la représentation, du visage restitué, réinventé, mais toujours fidèle à lui-même, à sa vérité. Ou alors à la vérité telle que la perçoit le dessinateur. Les visages, donc, sont ces pièces centrales qui font que l’on reconnaît un personnage, une figure, immédiatement. La tension est toujours là, dans ce qui dessine l’ovale d’un visage, la souplesse ou la dureté d’un regard : le visage, donc, est bien l’ultime frontière de la bande dessinée – et du dessin, d’où qu’il provienne. C’est pour cela qu’en écho à une idée de la galerie 12mail (exposons de la bande dessinée), la seule réponse qui sorte et s’impose est celle de montrer des visages, d’accrocher des regards plutôt que de montrer des planches qui ont leur place dans des livres plutôt que sur des murs.
Le regard est central ici : celui de Lovecraft dessiné par Charles Burns, celui de Flash redessiné par Paul Hornschemeier, celui d’un soldat réinventé (rêvé presque) par Charles Berberian, celui d’une famille inventée par Ludovic Debeurme, celui d’actrices parties trop tôt mais ressuscitées par Caroline Andrieu… 18 dessinateurs, au total, certains issus de la BD, d’autres venus d’ailleurs, auront ainsi contribué à forger des yeux, des visages, des figures, pour construire une salle de cinéma à l’envers, comme pour faire en sorte que ces dessins, ces portraits, soient autant d’yeux lancés aux visiteurs de la galerie : venez nous voir vous regarder, semblent dire ces dessins. Où est le spectacle, qui sont les spectateurs ? Parfois, sur un dessin, l’absence d’une figure, la disparition d’un visage en gros plan, pointe bien cela : nous ne sommes plus que des fantômes errant dans un décor et ce sont les dessins qui nous content le mieux notre histoire, ce qui nous passe par la tête et les yeux.
Il faut revoir Faces de John Cassavetes, réécouter Faces & Names de Lou Reed & John Cale, et surtout relire désormais toutes vos bandes dessinées, droit tout droit dans les yeux. Fade to Grey.
Joseph Ghosn»
Galerie 12mail
12, rue du mail
75002 Paris
infos : www.12mail.fr/2011/12/visages
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collection @ 8 février 2012 - 10 h 22 min